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3 conseils pour créer de bons personnages dans votre roman

Quand j’accompagne des auteurs, un des défauts que je vois souvent dans les manuscrits concerne les personnages. Je lis et je me rends compte rapidement que l’apprenti écrivain avait une idée précise de l’histoire qu’il voulait raconter, et qu’il a placé des personnages dans le récit uniquement pour les mettre au service de cette idée. Comme s’il s’était matérialisé exactement au moment où la narration commençait. « Pouf! » Il arrive, il a un rôle à jouer, et il agit en conséquence.

Ce genre de personnage n’a aucun passé ni futur. Il n’a aucune vie personnelle. Il est une marionnette destinée à servir les desseins de l’auteur.

Et ça, les lecteurs n’y croient pas.

Trois grands conseils pour créer des personnages riches

Créer des personnages riches, c’est compliqué. C’est pourquoi il serait difficile pour moi de vous donner tous les secrets du métier à l’intérieur d’un seul article.

Pour garder ça simple, je vais essayer de distiller le tout en 3 grands conseils qui arriveront à résorber bien des problèmes que je vois dans les manuscrits des débutants.

Premier conseil : souvenez-vous que votre histoire est un évènement ponctuel dans la vie de vos personnages

Pour éviter que vos personnages souffrent du syndrome du « bonhomme en carton » mentionné plus haut, souvenez-vous que votre histoire est un évènement ponctuel dans la vie de vos protagonistes. Ceux-ci avaient une existence avant le début de votre roman, et leur vie continuera après.

Que faisaient-ils avant? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans cette situation? Ont-ils cherché à être au coeur de votre récit ou l’ont-ils subi contre leur gré?

Pour donner de la richesse à vos personnages, créez des fiches où vous décrirez vos protagonistes sous leurs aspects physiques et mentaux. (Pour voir comment je remplis les miennes et pour vous inspirer, lisez Comment écrire plus sous les titres Truc 17 : Remplir des fiches de personnages et Truc 18 : Faire des montages photo.) Faites-le sous forme de liste ou en texte suivi, les deux méthodes fonctionnent bien.

Profitez aussi de l’espace de ces fiches pour résumer l’historique de vos protagonistes. Insérez-y toute information pertinente : racontez leur enfance et leur adolescence, parlez de leur famille, de leurs relations sociales, dites quels sont leurs ambitions et leurs rêves. Plus vous en mettez, moins vous aurez tendance à balancer ce personnage dans votre histoire uniquement pour qu’il remplissent une fonction. Il aura sa propre vie, et insufflera du réalisme au récit.

Deuxième conseil : arrangez-vous pour que vos personnages aient un désir profond

Ce conseil s’applique davantage aux personnages principaux.

Pour qu’un roman avance, les choses doivent bouger. On ne crée rien d’intéressant en mettant en scène un cinquantenaire assis sur un banc de parc et qui passe ses journées à regarder les pigeons manger ses croûtes de pain — et qui ne fait absolument rien d’autre.

Combien de fois ai-je vu des romans où il ne se passait absolument rien, juste parce que le protagoniste ne voulait rien?Oui, un récit pourrait débuter ainsi, mais à un moment, ce cinquantenaire devrait être mû par un évènement qui le ferait quitter son banc. Il serait attiré par quelque chose, et c’est que l’histoire commencerait. Par exemple, il pourrait vouloir parler à la dame assise en face de lui, avoir envie de voyager ou même d’implanter des circuits cybernétiques dans les pigeons pour conquérir la ville, name it.

Bref, pour que ça bouge, il faut qu’un personnage principal veuille combler un désir.

Combien de fois ai-je vu des romans où il ne se passait absolument rien, juste parce que le protagoniste ne voulait rien? Certes, le thème d’un livre pourrait être précisément ça : l’absence de désir. Mais c’est un sujet assez rare. La plupart du temps, les manuscrits ne vont nulle part parce l’auteur n’a pas pris la peine de motiver convenablement ses protagonistes.

J’ai parlé plus haut des fiches de personnages. S’il y a une seule question que vous devez mettre là-dedans, c’est celle-ci : « Quel est ton désir le plus profond? »

Une bonne réponse créera un roman qui avance.

Troisième conseil : faites en sorte que vos personnages s’expriment à leur manière

Comment vos personnages s’exprimeront-ils? Avec un français « international » ou avec des mots, des expressions, qui leur seront propres?

Les manuscrits que je reçois comprennent généralement beaucoup de dialogues. Et il arrive souvent que ces dialogues n’aient aucun sens. Parfois, les personnages débitent des paragraphes et des paragraphes de répliques sans jamais reprendre leur souffle, d’autres fois, ils utilisent un langage qui n’est pas du tout adapté à leur réalité socioculturelle. Dans certains cas, tout le monde s’exprime exactement de la même manière, comme si la Terre avait été envahie par des clones.

Quitte à me répéter, je vais le redire : vos personnages ne doivent pas être mis uniquement au service de votre histoire. Ils existent en dehors des limites de votre récit. Leur façon de parler va être influencée par leur passé, leur éducation, leur ville, leur niveau d’intellect, etc. À vous de voir comment faire transparaître leurs individualités à travers leurs mots.

Je ne pourrai vous faire un cours complet sur l’écriture des dialogues, qui est un art en soi (plusieurs livres n’abordent que ce sujet, d’ailleurs). Malheureusement, l’espace me manque sur ce blogue pour vous enseigner toute la subtilité de cette facette de l’écriture romanesque. Je souhaite seulement vous inviter à la réflexion.

Regardez comment vos collègues auteurs s’en sortent. Lisez beaucoup de livres en français et analysez la construction des dialogues. Inspirez-vous de vos trouvailles pour pimenter votre propre récit. (J’offre aussi quelques conseils pour donner de la couleur aux dialogues dans Comment écrire plus, sous le titre Truc 20 : Créer une distribution pour les personnages.)

Mettre en scène de bons personnages n’est pas une mince affaire

Bien sûr, suivre ces trois recommandations ne garantira pas la perfection de vos personnages. Mettre des humains en scène est un art qui s’apprend. Il vous faudra tâtonner et vous faire les dents.

Pour partir du bon pied, prenez la peine de créer de bonnes fiches, motivez vos personnages et arrangez-vous pour qu’ils s’expriment à leur manière. Suivre ces trois conseils vous donnera un sérieux coup de pouce.

Maintenant qu’on a vu la base à propos des personnages, j’aurais quelques mots à dire sur les antagonistes qu’on retrouve dans les romans.

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