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Les 3 principaux types de narrateurs dans le roman

Choisir son narrateur, c’est essentiellement choisir la manière de raconter son histoire.

Dans un roman narré à la première personne, on lirait : « Ce soir-là, je marchais dans la rue quand un bruit sourd a retenti. » À la troisième personne, ce serait plutôt : « Ce soir-là, Gustave marchait dans la rue quand un bruit sourd a retenti ».

Même si ces deux extraits ont l’air assez similaires, le choix de la narration aura une grande influence dans la façon de livrer l’intégralité de votre récit à votre lecteur.

Dans la littérature, on retrouve le plus souvent trois types de narrateurs :

  • la narration à la première personne;
  • la narration à la troisième personne alignée sur un seul personnage; et
  • la narration omnisciente.

(Il en existe d’autres, mais dans cette série d’articles qui se veut vulgarisatrice, nous examinerons uniquement ces trois-là.)

Voyons à quoi ressemble chacun d’eux.

La narration à la première personne

Nom scientifique : narration homodiégétique.

Avec cette narration, c’est le héros qui raconte sa propre histoire. Il narre le récit au « je » et intériorise la plupart des évènements qui se déroulent autour de lui. Le texte sera souvent teinté du point de vue particulier et du langage de celui qui raconte. On lirait : « Je n’avais pas envie de voir cette grosse tête de pioche » plutôt que : « Jean ne voulait pas voir cet imbécile », par exemple (même s’il n’est pas nécessairement exclu qu’on puisse mettre une couleur similaire dans une narration à la troisième personne; seulement, c’est plus fréquent à la première).

Songez à ce que vous désirez raconter, et surtout, comment vous voulez le raconter.Les opinions diffèrent énormément quant à savoir si un roman demande ce type de narration. Pour ma part, je choisis la première personne quand j’ai envie de livrer un récit intime, qui sera vécu très intensément par mon protagoniste.

Si vous optez pour cette narration, n’oubliez pas que vous vous retrouverez dans la tête d’un seul et unique personnage, et qu’il sera limité par ses sens pour décrire ce qui se passe autour de lui. Il ne pourra pas savoir, par exemple, ce que les autres pensent (mais pourra tenter de le déduire). On en discutera un peu plus dans l’article suivant qui porte sur le point de vue.

La narration à la troisième personne alignée sur un seul personnage

Nom scientifique : narration hétérodiégétique à focalisation interne.

Ici, le récit sera raconté à la troisième personne (« Frédéric marcha » plutôt que « Je marchai ») MAIS, de façon similaire à la narration à la première personne, on ne pourra entrer que dans la tête du héros — et de personne d’autre.

Ainsi, on va toujours raconter l’histoire à travers le spectre des sens d’un seul personnage, tout en utilisant un narrateur extérieur au récit.

Donc, on pourrait écrire : « Frédéric marcha vers sa maison qu’il aimait tant; sa mère le regardait par la fenêtre en affichant un air colérique », mais à l’inverse, on ne pourrait pas écrire : « Frédéric marcha vers sa maison que ses parents avaient repeinturée pendant son absence, sans l’avertir. Sa mère était fâchée qu’il n’ait pas participé aux travaux; elle l’attendait, le regard collé à la fenêtre. »

À l’intérieur du deuxième exemple, on révèle des informations que Frédéric ignore. Dans une narration à la troisième personne alignée sur un seul personnage, c’est interdit.

Ce type de narration est très courant. Bien des mentors suggèrent aux débutants d’employer celle-ci avec leurs premières oeuvres. Je ne fais pas exception.

La narration omnisciente

Nom scientifique : narration hétérodiégétique à focalisation zéro.

Dans ce type de narration, on raconte le récit à la troisième personne (« Il » au lieu de « Je »), mais le narrateur peut se permettre d’entrer dans la tête de n’importe qui, n’importe quand. On n’a donc pas les mêmes limites sensorielles.

Cette narration a l’air facile à employer, mais détrompez-vous : c’est très compliqué de livrer un récit efficacement avec un narrateur omniscient. Je déconseille aux débutants de s’y frotter. Les aspirants auteurs qui ne maîtrisent pas les codes du roman vont souvent, à l’intérieur d’une même scène, bondir d’un personnage à l’autre pour montrer les pensées de tout le monde en s’imaginant que leur histoire sera plus claire ainsi.

En réalité, c’est plutôt l’effet inverse qui se produit : en entrant dans la tête de tout le monde, on finit par avoir le tournis. Et ça tue l’intrigue. (Où est le mystère quand les pensées intimes de 100 % des personnages sont dévoilées?)

Les grands maîtres qui emploient ce type de narration utilisent les changements de point de vue avec parcimonie et vont insérer les transitions appropriées lorsque nécessaires (ils ne vont pas bondir trois fois de point de vue dans un même paragraphe comme le font les débutants, par exemple).

Quel type de narration choisirez-vous?

Pour votre roman, vous devrez sélectionner l’une de ces approches narratives (ou une autre que je n’ai pas décrite ici, si vous en connaissez une). Songez à ce que vous désirez raconter, et surtout, comment vous voulez le raconter.

Encore une fois, n’hésitez pas à multiplier vos lectures pour voir comment les autres écrivains exploitent les narrateurs!

Quand votre choix sera fait, j’aurais un petit mot à ajouter concernant le point de vue au sein d’une histoire.

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Les 3 principaux types de narrateurs dans le roman
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