Évidemment, nous parlerons du format et de la mise en page des dialogues, pas de « l’art » d’écrire des dialogues, qui pourrait faire l’objet d’un livre au complet, selon moi.

Depuis le début de cette série de billets, je vous donne des conseils pour avoir l’air d’un professionnel. L’amateurisme, on flush ça avec l’eau de la toilette. Nous allons donc flusher ensemble quelques pratiques à éviter.

Commençons avec les signes typographiques relatifs aux dialogues.

Ces petites lignes au début des répliques

Voici un trait d’union (on va le mettre gros pour être certain que tout le monde le voit) :

Dans un texte, le trait d’union sert lier des éléments composés. Il ne sert pas à introduire des répliques. Je pourrais le répéter mille fois et ça ne serait pas assez.

Maintenant, je vous présente le tiret cadratin :

Cet sera votre meilleur ami. Dans Word, vous le ferez apparaitre en appuyant sur les touches Ctrl + Alt + (« moins » sur le clavier numérique).

C’est trop compliqué? Programmez-vous une fonction de correction automatique qui transformera vos traits d’union doubles en tirets cadratin. Si vous êtes dans Word 2007, faites ce qui suit :

  • cliquez sur le bouton « Office », en haut à gauche;
  • en bas du menu, cliquez sur « Options Word »;
  • allez dans le menu « Proofing » (j’ai la version anglaise, c’est le 3e item du menu);
  • en haut, cliquez sur « Options de Correction automatique… »;
  • dans la boite en bas, insérez « −− » dans « Remplacer : » et insérez « — » dans « avec : ».

Voilà. Vous dormirez mieux cette nuit.

Note : Si vous utilisez Word, évitez de faire en sorte que votre logiciel transforme automatiquement vos tirets en « listes à puces automatiques ».  Cela compliquera énormément le travail de mise en page durant le processus d’édition, si jamais votre manuscrit est accepté. Désactivez cette fonction.

Maintenant, on doit se rentrer un deuxième élément dans le coco.

Les méchants guillemets

Voici une paire de guillemets anglais doubles :

Eux non plus, il ne faut pas les aimer (sauf en quelques rares occasions, j’y reviendrai).

Voici une paire de guillemets français :

Commencez par vous demander en quelle langue vous écrivez. Vous déduirez le reste.

Facile, non?

Maintenant que vous connaissez tous les secrets concernant les signes typographiques relatifs aux dialogues, voyons comment ils s’appliquent à l’intérieur d’un texte. Notez qu’il existe deux façons principales d’écrire des dialogues dans un manuscrit :

  • la combinaison des guillemets et des tirets;
  • les tirets seulement.

Il est aussi possible d’écrire des dialogues seulement avec des guillemets, mais cette pratique est plutôt rare aujourd’hui. C’est pourquoi je ne l’aborderai pas.

Autre note : il existe certainement d’autres façons de procéder. À la limite, les retours de charriot entre les répliques ne sont même pas obligatoires. Tout de même, les deux techniques ci-mentionnées m’apparaissent, selon moi, comme étant les plus claires et les plus simples.

La combinaison des guillemets et des tirets

La première réplique est annoncée ou non par les deux-points, selon l’entrée de jeu.

    L’elfe dit au dragon : « Saligaud! »

L’elfe n’était pas content. « Saligaud! », cria-t-il en brandissant son poing d’elfe.

Dès la deuxième réplique, le tiret cadratin entre en jeu :

    Le dragon ne se laissait pas insulter facilement. « Saligaud toi-même. Tu pues encore le bac à recyclage d’où on t’a tiré.
— Tu n’es qu’une crapule galeuse!
— Au moins, moi, j’apparais sur la couverture du livre. »

La dernière réplique se termine toujours par des guillemets.

Les tirets seulement

Encore plus facile que la précédente. Vous n’avez même pas besoin d’utiliser les guillemets.

    L’elfe était jaloux, mais ne se laissait pas abattre :
— C’est quand même moi qui vais apparaitre sur le dessus du deuxième tome.
— Pas sûr. Pas sûr.
— Et pourquoi donc?
Le dragon libéra cinquante-quatre térajoules de plaisir sur la créature aux oreilles pointues.
— Voilà pourquoi.

N’oubliez pas de faire commencer vos paragraphes et vos répliques par des alinéas. Référez-vous à mon billet sur la mise en page intérieure d’un manuscrit.

Les guillemets anglais

Vous les emploierez pour des guillemets placés dans un passage déjà mis entre guillemets.

    Le dragon dit : « Il n’aurait pas dû me dire : “Saligaud!”, le petit mautadit. »

Le plus important : la constance

Peu importe la technique que vous choisissez, l’essentiel est de rester constant tout au long de votre travail. Si vous optez pour la combinaison des guillemets et des tirets au début de votre récit, conservez cette technique jusqu’à la fin.

Respectez ces règles et vous aurez l’air de connaitre votre métier.

Vous maîtrisez maintenant la mise en forme du manuscrit. Il est temps de voir comment écrire la lettre de présentation et le synopsis qui accompagneront votre document.

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Comment écrire des dialogues dans un manuscrit littéraire

50 avis sur « Comment écrire des dialogues dans un manuscrit littéraire »

  • 2 juin 2010 à 9:45
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    Nom d’un chien! J’utilise les styles de Word pour formater mes dialogues et en vérifiant je réalise que mon style Dialogues utilise les puces. Vais-je me faire traiter de crapule galeuse par un éditeur?

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  • 2 juin 2010 à 10:50
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    Anecdote : Je suis déjà tombée sur quelqu’un qui m’a dit que mon manuscrit avait l’air horriblement amateur parce que j’utilisais des demi-cadratins au lieu des cadratins. Mettons que j’ai eu envie de lui dire deux ou trois trucs malpolis…
    (Surtout qu’à part ça, mon formatage était fait dans les règles de l’art, formule tiret seulement)

    Répondre
  • 2 juin 2010 à 11:09
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    Horriblement amateur? Il ne mâchait pas ses mots. Un texte horriblement amateur ressemblerait à l’exemple que j’ai mis dans le dernier billet (et ça existe).

    Un texte écrit en Comic Sans serait aussi, à mes yeux, horriblement amateur. Mais c’est une opinion personnelle.

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  • 2 juin 2010 à 11:31
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    C’est justement parce que je sais que les horreurs de formatage existent réellement que cette expression m’avait fait tiquer. On m’aurait dit “faut prendre le cadratin, pas le demi”, j’aurais simplement noté pour la prochaine fois, mais avec les termes employés, je suis passée bien près de lui répondre d’aller se livrer à la sodomie entomologique avec quelqu’un d’autre… Mais bon, c’était un aspirant qui voulait bien faire je suppose… (et qui n’a toujours pas publié, malgré le professionnalisme de sa mise en page… oups, j’suis bitch là on dirait… ;)

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  • 2 juin 2010 à 12:59
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    Help! Je comprends pas un bout. Tu dis N’oubliez pas de faire commencer vos paragraphes et vos répliques par des alinéas. mais dans l’exemple au-dessus, y’a pas d’alinéa dans le dialogue. Chaque réplique doit avoir un alinéa? Ou pas?

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  • 2 juin 2010 à 13:52
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    Oui, mais j’ai de la difficulté à formater ça dans WordPress. De là la remarque.

    Chaque réplique doit avoir un alinéa.

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  • 2 juin 2010 à 13:55
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    J’ai ajouté des espacements en guise de tabulation. Ça ne parait pas beaucoup, comme les lignes sont trop courtes pour s’étendre jusqu’à la ligne suivante. Je vais en allonger quelques-unes…

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  • 2 juin 2010 à 18:02
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    Ben moi le tiret cadratin avec la fonction Ctrl+Alt+-, ça ne marche pas ! C’est bien mon genre ça. Je me rends compte que je fais des semi en plus qu’il sorte justement en liste format puces…Je vais essayer sur mon Mac…je n’ai pas la même version de Word.

    En passant, merci pour tes conseils très pratique. À part les tirets, je pense que mon manuscrit est conforme. Reste à le mettre en Times New Roman 12, police que je déteste au plus haut point. Je le fais à la fin.

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    • 21 novembre 2018 à 8:47
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      Sur un mac, le tiret cadratin (une « alternative » au tiret classique) se fait via les touches :
      Alt + tiret classique (pas le tiret du pavé numérique, mais celui au-dessus du signe $)
      (“Alt” est parfois aussi nommée “option” et se trouve à gauche et à droite de la barre d’espace, avant/après la touche commande ou cmd)

  • 2 juin 2010 à 19:25
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    Je suis dans le type lâche… j’utilise OpenOffice et je l’avais programmé dans mon correcteur automatique… comme je fais pour certains mots. On peut le faire aussi dans Word, mais c’est plus long. On peut aussi utiliser le truc pour faire remplacer le nom de personnages long à écrire genre un romain Romanus Fanfaronnus Stupidus.

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  • 2 juin 2010 à 20:36
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    @CJ : Est-ce que tu utilises bien le “-” sur le clavier numérique? Si tu utilises celui près du “backspace”, ça ne fonctionnera pas.

    @Isabelle : Je fais pareil pour certains noms propres qui ont des trémas. Je déteste faire cette combine sur le clavier ;)

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  • 3 juin 2010 à 19:44
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    Ah c’est pour ça que ça marche pas ! Mais mon portable n’a pas de clavier numérique…Anyway…je trouverai bien comment faire en cherchant un peu.

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  • 4 juin 2010 à 6:19
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    C’est pareil pour moi : sur mon portable, j’utilise la fonction de correction automatique pour faire mes tirets cadratin.

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  • 25 octobre 2010 à 17:49
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    En ce qui me concerne, les dialogues représentent ce que j’ai le plus de mal à écrire. D’instinct, j’ai toujours pensé que je devais faire parler mes personnages comme moi, ou des personnes de mon entourage, le feraient : un dialogue réaliste et dépourvu d’emphase. Mais bon sang que c’est dur de s’y tenir quand, de part et d’autre de vos dialogues, vous avez employé une prose beaucoup plus libre et imagée…

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  • 13 février 2011 à 5:45
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    Bonjour, et merci pour les précisions que vous apportez sur ces points de typographie.
    J’écris actuellement un roman et je me demande justement quel type de typographie utiliser lorsque je retranscris un message SMS.
    Ecrire en italique m’avait semblé intéressant dans un premier temps, mais je m’en sers déjà pour retranscrire les pensées de mon personnage…
    j’avais pensé aux guillemets en anglais, aux majuscules.
    Exemple: “rejoins-moi” ou REJOINS-MOI
    Qu’en pensez-vous? Merci.

    Répondre
  • 13 février 2011 à 8:11
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    Pas les majuscules, en tout cas. Ça donne l’impression qu’on crie.

    J’irais personnellement avec les guillemets. Certains auteurs utilisent une police de caractère sans empattements (ex. “Arial”) pour les messages SMS.

    La règle : tant que ça ne gène pas la lecture…

    Répondre
  • 12 mars 2011 à 11:50
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    C’est assez amusant de lire un article sur les normes typographiques à respecter rigoureusement, alors que l’article ne les respecte pas lui-même. En effet, en français, les signes de ponctuation haute ( ! ? ;) sont toujours précédés d’une espace (fine insécable idéalement). Le fait de coller la ponctuation au mot qui précède est un usage anglais. À bannir absolument.

    La police Times New Roman obligatoire. Mouais… Et c’est comment qu’on fait lorsqu’on est sous Linux (Debian), qui ne dispose pas de cette police propriétaire ? On se suicide ? On renonce à l’écriture pour la peinture ?

    J’ai aidé un ami à corriger, au point de vue du style, son manuscrit. Je voulais aussi qu’il respecte une certaine mise en page : ses lignes étaient trop longues, espace simple, au moins 35 ou 40 lignes par page, marges faibles, retrait d’alinéa de 1,5 cm au lieu de 0.3 cm (ou 0.5 cm). Il s’y est opposé. Vous savez quoi ? Son manuscrit a été accepté et publié. Chez Gallimard. Comme quoi…

    Je respecte un truc de base personnellement : quelque chose comme 1500 signes par page, ce qui se traduit par 25 lignes de 60 signes. C’est la norme française avec du papier A4 (que je ne trouve pas au Québec, ceci dit). 25 lignes de 60 signes, cela exclut le double espacement, et c’est clair, aéré. Pour aider l’éditeur à évaluer la taille finale du livre éventuel, je mets toujours le nombre total de signes. Si bien que, quelque soit la taille de la police utilisée, quelque soit le nombre de lignes dans la page, l’éditeur voit s’il a affaire à un volume de 200, 250, 300 pages ou plus. Et ça, c’est essentiel pour lui, car ça regarde le coût de fabrication.

    Désolé, mais si un éditeur me chicane parce que je lui envoie un texte en Times taille 13 et le refuse pour cette unique raison, je me félicite de n’être pas édité chez ce t… du c… ! Car il faut en être un pour s’arrêter à des normes aussi arbitraires et de pur formalisme. Le travail d’un éditeur, c’est aussi de mettre en forme, selon les normes de la maison, Celui de l’auteur est d’écrire, le mieux possible, et de présenter un texte propre, lisible, aéré, et non d’après un gabarit strict (d’autant plus que chaque éditeur à ses marottes en ce domaine, et que l’on sait que pour avoir une chance d’être édité, il faut multiplier jusqu’à 20, 30 ou 40 le nombre d’éditeurs à qui envoyer son manuscrit ; on ne peut pas modifier sa mise en page et tout réimprimer pour chaque envoi, tout de même).

    Les normes que donnent les éditeurs sont des normes idéales pour eux, mais en réalité c’est bien plus souple, pourvu que le manuscrit ait belle allure (simplicité de la présentation, clarté, propreté).

    Un conseil pour les écrivains « amateurs » : procurez-vous « Le Ramat de la typographie ».

    PS – Je connais fort bien le monde de l’édition.

    Répondre
  • 12 mars 2011 à 12:18
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    Jack : Je pense que vous avez complètement manqué l’intention de cet article, c’est-à-dire donner des conseils aux néophytes pour leur permettre de bien formater leurs textes pour s’éviter du trouble. Si on peut suivre les normes, pourquoi ne pas le faire?

    (et au Québec, on ne demande pas de mettre des espaces devant les signes de ponctuations que vous mentionnez)

    Répondre
  • 12 mars 2011 à 14:33
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    Au Québec, pour ce qui est de la typographie littéraire, on suit la norme de l’Imprimerie Nationale (française). C’est ce que dit et prône Aurel Ramat, Québécois d’adoption et correcteur professionnel. Ce n’est pas parce que l’usage dans l’administration et dans la population est relâché qu’il faut le suivre. Un point d’exclamation ou d’interrogation collé au mot qui précède, c’est anti-esthétique au possible, affreux. Puisque vous suivez la règle des chevrons au lieu des guillemets anglais (et à raison), il faut aussi suivre celle des signes de ponctuation haute, quitte à l’imposer aux éditeurs, pour la plupart des ignorants (ce sont des commerçants et non des typographes). Je ne transige pas là-dessus.

    J’avais bien compris à qui vous vous adressiez. Je sais aussi, de par mon expérience, que l’excès de formalisme en matière de présentation angoisse les jeunes auteurs et parfois les arrête. Je leur dirais, moi, non pas « Faites ceci comme ça, sinon… ! », mais « Essayez de suivre certaines normes, faites pour le mieux sans vous mettre martel en tête, car l’essentiel est ailleurs : dans le texte. » Naturellement, de là à prôner un manuscrit digne d’un cochon, non ! Pas de fantaisie, aucune fioriture, ni falbala : nous sommes d’accord.

    Mes manuscrits au jour le jour (sur PC, pendant que j’écris) : format lettre (bien obligé), police Linux Libertine taille 14 (qui équivaut à un Times 13, plus ou moins, et est un peu plus élégante, sans être une police de fantaisie, dans le genre Helvetica, fort appréciée des directeurs de revue et dans la presse), interligne de 1.5, marges de 2,50 cm de chaque côté. Ça me donne 27 lignes d’un peu plus de 60 signes. En cas d’envoi à un éditeur, je mets les pages en vis-à-vis et j’augmente les marges intérieure, du haut et du bas, de sorte à obtenir 25 lignes exactement, et une fourchette entre 55 et 65 signes par ligne. En général, je diminue la marge extérieure à 1,5 cm. On ne m’a jamais renvoyé un manuscrit pour non-conformité typographique. C’est clair, propre et aéré.

    Maintenant, si le texte est vraiment bon, malgré quelques imperfections dans la présentation, croyez-moi, l’éditeur prendra le manuscrit, et vite.

    Je connais des « auteurs » qui passaient des journées à « peaufiner » la présentation, à se battre avec leur traitement de texte, à ajouter des lettrines, etc., et dont le texte comportait dix fautes par page, une ponctuation défectueuse, un vocabulaire peu varié, des amorces de phrases toujours pareilles, un style plat ou brouillon. Voilà sur quoi il importe de travailler avant toute chose. C’est beau d’avoir de l’imagination, des choses à raconter, mais il faut maîtriser au mieux sa langue, sa syntaxe, son vocabulaire, sa ponctuation. Écrire est un métier, un art. Cela s’apprend dans la douleur, avec infiniment de lenteur. Mais au final, quelle récompense, le jour où l’on s’aperçoit qu’on peut écrire à peu près n’importe quoi, dans tous les genres, et que cela coule avec aisance ! La forme maîtrisée, le fond s’y insère avec naturel. Sinon, charabia et maux de tête pour le lecteur.

    Mais je ne serais peut-être pas un bon prof d’écriture, car je suis un monstre d’exigences. Il faut l’être, en art. Pas de pitié pour les amateurs qui veulent le rester.

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  • 12 mars 2011 à 19:56
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    J’essaie de me conformer à ce que l’éditeur demande sur son site web.

    Sinon, Times taille 12, interligne double, j’ajuste les marges pour avoir environ 250 mots par page (et, cher Jack, on a tendance à compter en mots au Québec, et non pas en signes), j’insère un pied de page du genre Fortin/Titre du roman/#page et j’imprime recto seulement.

    Guillemets et tirets: idéalement, on prend les bons.

    Dernière chose: faites attention, les copains, quand vous travaillez sur plusieurs ordinateurs/traitements de texte. Ça insère des erreurs de format et ça fait rager les réviseurs ou les graphistes.

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  • 13 mars 2011 à 11:32
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    Comme je le disais plus haut, un auteur qui cherche à être édité doit envoyer son manuscrit à beaucoup d’éditeurs. Impossible dès lors de se conformer aux normes abusives de chaque éditeur. Ne pas hésiter à s’excuser dans la lettre accompagnant l’envoi et à demander à l’éditeur un peu de compréhension. S’il s’agit d’un envoi électronique, absolument rien n’empêche l’éditeur, en deux clics, de modifier la police. S’il s’y refuse, parce qu’il a la flemme, qu’il fasse un autre métier. Car c’est son métier que de s’occuper de ces choses. Pour ma part, je le répète, je ne possède pas la police Times, étant sous une version de Linux (Debian) qui ne travaille qu’avec du libre et du gratuit. Si je possède une Toyota, au nom de quoi mon nouvel employeur peut exiger que je roule désormais en Ford ou je ne sais quoi d’autre ? C’est du caprice. Un bon texte, bien torché, original, sera accepté par l’éditeur en dépit d’une présentation non conforme (sauf torchon, bien sûr).

    La première chose qu’un éditeur fait lorsqu’un manuscrit est en passe d’être accepté, c’est d’évaluer son coût de fabrication, donc aussi de vente, surtout si l’auteur n’est pas ou peu connu. D’où l’usage de compter en signes. Si je lui envoie un manuscrit de 230 pages de plus ou moins 1500 signes par page, il saura après un bref calcul évaluer le coût de fabrication, de vente et le prix de revient du bouquin imprimé, dans la collection à laquelle il est destiné. Les éditeurs ne sont pas des philanthropes, ni même parfois des amoureux de la littérature, mais des commerçants. Il faut le savoir et ne jamais l’oublier. Et, mais avec diplomatie, il est toujours possible de négocier. Un auteur n’a pas à mendier, à se comporter comme un minable. Les éditeurs aiment les auteurs de caractère, quoi qu’on en dise. Il est possible aussi d’envoyer ch… un éditeur qui prétend transformer votre livre en autre chose. Je l’ai fait, et je ne m’en porte pas plus mal.

    « Le dos du pou est dur » : 21 signes, espaces compris, 6 mots
    « Anticonstitutionnellement » : 25 signes, 1 mot

    On voit bien que la mesure en mots n’est pas valable.

    Il n’y a pas non plus des éditeurs qu’au Québec.

    Répondre
  • 13 mars 2011 à 13:52
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    Si on discute encore des règles de ponctuation telles qu’elles doivent ou devraient être rigoureusement appliquées même et surtout au Québec (qui n’a pas à suivre l’usage anglo-saxon), on lira avec profit « L’art de ponctuer », de Bernard Tanguay, aux Éditions Québec Amérique. Nulle part, bien au contraire, il ne parle de règles typographiques spécifiques au Québec, et ses signes de ponctuation haute sont toujours séparés du mot qui précède par une espace insécable. Encore une fois, l’usage des ignorants n’a pas à être suivi, surtout en littérature.

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  • 17 mars 2011 à 14:47
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    Et pourtant, c’est en respectant les normes demandées sur les sites internet des éditeurs que je fais affaire avec cinq d’entre eux.

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  • 12 novembre 2011 à 10:14
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    J’utilise Open Office et je suis tombé sur ce forum en cherchant une réponse à une question qui reste toujours irrésolue… En effet, la question des tirets long ou courts chez Open Office ne se pose pas quand on écrit des dialogues, puisque si on mets un tiret court au début d’une paragraphe, il se transforme automatiquement en tiret long. Par contre, si votre personnage parle pendant un temps qui dur plus qu’une seule ligne, ses mots se trouvent alignés en dessus du tiret, c’est à dire à quelque centimètres de la bordure de la page, et non pas dans une continuation alignée avec le reste. Vous excuserez mes difficultés d’explication, je ne suis pas très calé en informatique et puis le français n’est pas ma langue maternelle. Mais… est-ce que quelqu’un peut m’aider s’il vous plaît?

    Répondre
  • 1 avril 2012 à 12:55
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    Merci pour cette clarification, sincèrement.

    Rq.: “tu pueS” avec un “s”… au début

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  • Ping :La mise en page intérieure du manuscrit | Dominic Bellavance

  • 25 mai 2013 à 7:58
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    Bonjour,
    Je suis sous open office, je ne parviens plus à placer des tirets cadratins automatiques! Je l’ai déjà fait mais ça ne fonctionne plus alors qu’avant je devais les supprimes!
    Merci d’avoir la gentillesse de me donner une solution car je sens que mon ordi va apprendre à voler :)
    J’ai déjà écrit des livres, l’un d’eux est édité, et me voici comme une idiote à ne pas comprendre pourquoi les concepteurs n’ont pas pensé à ce problème!
    Merci de votre aide!

    Répondre
  • 25 mai 2013 à 8:01
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    Merci Kit Nelson! C’est ce que je faisais et ça a marché!! Ouf! J’ai bien fait de lire votre commentaire!
    Bonne soirée, et coucou depuis La Réunion!

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  • 6 juillet 2013 à 12:36
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    bonjour j’ai un soucis deux de mes personnage échange des paroles par la pensée, afin de noter la différence avec les autres dialogues, j’ai mis le texte en italique mais que dois-je faire de “annonça l’adolescent”, “s’écria-t-il” etc… italique ou non ?

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  • Ping :Comment écrire des dialogues dans un manuscrit littéraire – Dominic Bellavance #conseils #techniques | jack & Liz

  • 30 septembre 2013 à 20:47
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    J’aimerais quelques petites précisions concernant les dialogues.
    Quand un dialogue se termine par un verbe déclaratif, comment doit-il être ponctué ?
    Exemple 1 :
    « blablablabla.
    – blablabla ? » demanda untel.
    Doit-on mettre une virgule derrière les guillemets fermés ?

    Exemple 2 :
    «blablablabla.
    – blablabla » confirma untel.
    Comment doit se terminer ce dialogue ?
    – blablabla », confirma untel. (avec virgule derrière les guillemets)
    ou bien :
    – blablabla. », confirma untel. (avec un point avant les guillemets et une virgule après)

    Autre question, on ne voit jamais de majuscules lorsqu’un personnage hurle quelque chose. Est-il interdit d’écrire ainsi ?
    “Les deux rivaux se jetèrent l’un sur l’autre, poussant un cri de guerre.
    « HAAAAAAAAAA !
    – HEYAAAAA ! »
    Leurs épées s’entrechoquèrent en une danse mortelle.”

    Merci, et bonne continuation !

    Répondre
  • 18 juin 2014 à 7:15
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    Je me demandais… est-ce que c’est villain de mettre le dialogue en italique, ou est-ce un pratique acceptable ?

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  • Ping :La mise en page intérieure du manuscrit - Dominic Bellavance

  • 7 mai 2015 à 10:05
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    Bonjour !

    Je me permets de solliciter votre aide sur un doute que j’ai concernant les dialogues. Lorsque deux personnes parlent et que l’une coupe la parole à l’autre, quel signe utiliser après la réplique coupée ?

    Merci d’avance pour votre aide.

    Répondre
  • 7 mai 2015 à 21:59
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    Normalement, on utiliserait les points de suspension :

    — Qu’est-ce que tu fais ici? Je…
    — Chut! le coupa-t-il.

    Répondre
  • 22 juin 2015 à 9:14
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    Bonjour j’aurai une petite question concernant les espaces et les alinéas.

    Tout d’abord, petites questions pour les espaces entre les lignes, (j’ai Microsoft Word 7 pour info). En effet j’ai toujours préféré le mode “sans interlignes” plutôt que celui de “normal” qui me fait des espaces énormes. Seulement d’après ce que j’ai lu et quand je regarde les livres que je lis je ne peux m’empêcher de penser que le “sans interligne” n’est pas le bon et je me demandais combien d’espace je devais laisser entre chaque lignes.

    Ensuite, les alinéas. Ah ! Combien ça représente à peu près un alinéa dans le monde de l’édition ? 0,5 ? Donc combien de “barre d’espace” ? Et puis faut-il le mettre aussi dans le dialogue ? du style :

    Je relevais la tête et fixais ses grands yeux miel.
    — Si tu crois que je vais l’oublier…J’ai attendu cette cérémonie toute ma vie mais maintenant que j’y suis j’en ai une peur bleue.
    — Notre gardien est bien moins exigeant qu’avant et tu le sais, ne t’inquiète pas pour cela.
    Et là on continue le texte….

    ça me paraît bien et c’est comme ça que je fais mais je n’en suis pas tout à fait sûre…

    Enfin même si cela ne répond pas au sujet de l’article qui est sur les dialogues, quel espace faut il laisser entre les bords intérieurs et extérieurs et le texte ? Je m’inspire d’un format poche pour me donner un ordre d’idée à chaque fois que j’écris mais je sais bien que pour un manuscrit il vaut mieux l’envoyer en A4…

    Pourriez-vous m’éclairer sil vous plaît ?
    Merci :)

    Répondre
  • 29 janvier 2017 à 14:46
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    Excellente explication des dialogues. Mais une question me taraude, dans un “dialogue” entre deux protagonistes à l’aide d’un moyen de communication style messagerie instantanée, dois-je changer la police d’écriture ou conserver la même ?

    Petit aparté… J’ai peur de mal comprendre les cinquante-quatre térajoules de plaisir du Dragon. Dans le doute j’ai quand même énormément rigolé !

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    • 30 janvier 2017 à 9:40
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      C’est vraiment à votre choix. Dans “Toi et moi, it’s complicated”, j’ai utilisé une mise en page spéciale lorsque mes personnages textaient. Et j’ai vu ça dans plusieurs autres livres. Je ne crois pas qu’il y ait une manière standard de procéder.

  • 6 août 2017 à 13:15
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    Juste pour info : en typographie française, il est de mise de mettre une espace fine avant les caractères doubles de ponctuation, donc ici avant le point d’interrogation, le point d’exclamation et le point virgule. Donc ne serait-il pas bon de respecter cette règle de base quand on donne des conseils de typographie ?

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    • 6 août 2017 à 16:20
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      Les auteurs ne sont pas tenus d’utiliser l’espace fine dans leurs manuscrits. Word ne supporte même pas ce genre d’espacement, en fait. Ce sont les graphistes de la maison d’édition qui les ajoutent plus tard.

  • 1 décembre 2017 à 12:52
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    « … pour être certain que tout le monde le VOIE… » J’ai arrêté là !

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  • 11 janvier 2018 à 1:37
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    Bonjour.
    Merci pour votre site qui est vraiment bien fait. Vos conseils sont précieux. Ma demande est particulière. Je n’ai trouvé aucune infos la-dessus sur le web. J’écris actuellement un roman dans lequel les personnages discutent de temps en temps via des applications (Messenger, Whatsapps, etc…) Comment retranscrire ses dialogues un peu particulier? Quelle forme leur donner? Merci pour votre aide car je suis un peu dans le flou.

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    • 11 janvier 2018 à 10:44
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      L’important dans ce cas-ci (comme dans bien d’autres), est de rester clair. On pourrait simplement écrire, sur une ligne isolée :

      Roger Spenzer : Hé! Salut!
      Suzie Spenzer : Ça va?

      (Personnellement, je mettrais le nom du personnage en gras.)

    • 11 janvier 2018 à 23:52
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      Merci pour votre réponse. Effectivement. rester clair est très important. On pourrait aussi mettre la même forme que sur ces applications pour coller le plus possible à la réalité.

      Roger :
      Hé! Salut!
      Suzie:
      Ca va?
      (avec les noms en gras)

      Autre question: dans ce genre de discussion, peut-on mettre des expressions genre “Lol”, “Mrd”, “Hahahahah”, toujours dans un soucis de réalisme ou cela fait-il trop “argo” dans un roman classique?

    • 12 janvier 2018 à 15:21
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      Ça irait, mais tout dépend du ton du roman. Tant que ça ne détonne pas trop avec le reste!

    • 17 janvier 2018 à 3:46
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      Bonjour.
      Merci pour vos réponses qui m’ont vraiment éclairées. J’aurais encore une question si c’était possible. J’écris actuellement un roman dont l’histoire se passe à l’ile de la Réunion (étant réunionnais moi-même). Le personnage principale est français et ne comprend pas le créole (tout comme le lecteur). Il sera donc confronter aux locaux qui parleront dans leur langue maternelle. Je pense retranscrire les dialogues en créole en italique mais pour la traduction… comment la présenter lorsque qu’elle est nécessaire? Je pourrais utiliser quelque fois la narration pour en quelque sorte décrire ce qu’il vient de se dire mais s’il fallait absolument traduire le dialogue. Quelle forme employer?
      Merci pour vos réponses.

  • 16 juillet 2018 à 9:10
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    Bonjour,
    Je me posais la question, du coup sans le système de puces Word, il faut donc faire un alinéa, puis mettre un tiret cadratin ?
    Merci d’avance de votre réponse.

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