Tous les éditeurs vous le diront si vous les rencontrez : ils reçoivent des centaines de manuscrits chaque année. Le nombre varie entre 400 et 1000. Et vous savez quoi? Beaucoup de ces manuscrits sont mal ciblés.

Qu’est-ce que ça veut dire, « mal ciblé »?

Ça signifie qu’une maison d’édition qui se spécialise en fiction reçoit des manuscrits d’autobiographies. Ou qu’une autre, qui se consacre aux romans réalistes, reçoit des aventures de science-fiction.

La réalité est débile comme ça.

Qu’arrive-t-il aux manuscrits mal ciblés?

Ils prennent le chemin de la poubelle. Inutile de s’attarder là-dessus. Certaines maisons d’édition feront l’effort de les renvoyer à l’expéditeur, si des enveloppes préaffranchies ont été incluses avec les premiers colis. Mais dans la plupart des cas, on doit s’attendre à ne plus les revoir.

Pourquoi?

Parce que les manuscrits mal ciblés, les éditeurs trouvent ça insultant. Et vraiment, vraiment con. (Ils ne le disent pas dans ces mots, rassurez-vous.)

Vous êtes un auteur. Vous voulez être publié. Pourquoi feriez-vous l’erreur d’envoyer votre manuscrit où vous n’avez absolument aucune chance d’être choisi? Tout ça, en sachant que les manuscrits coutent cher à produire et demandent du temps.

La réponse : vous n’avez aucune raison de commettre cette erreur. Alors si vous êtes du genre à faire des envois à l’aveuglettes avec des « listes d’éditeurs » pêchées sur le Web, cessez, s’il vous plait.

Peut-être, aussi, que vous ne lisez pas. Que vous êtes au-dessus de ça. Il vous reste alors une chose à faire : ramasser vos affaires et partir. Les auteurs qui dénigrent la lecture, on n’en veut pas dans ce milieu.

Comment bien cibler sa maison d’édition?

Prenons pour acquis que vous avez déjà ouvert un livre pour voir « à quoi ça ressemble dedans ». Nécessairement, vous connaissez des maisons d’édition qui publient des histoires similaires à la vôtre. Et par « similaires », je ne parle pas de copies conformes, mais plutôt des attributs plus ou moins vagues comme le genre, la longueur, le style, le public visé ou l’atmosphère générale des oeuvres. Regardez dans les premières pages de ces livres. Y a-t-il une adresse, un site Web?

Informez-vous sur ces éditeurs. Ratissez votre bibliothèque personnelle. Et si votre collection est trop maigre, sortez au grand air et visitez une librairie. Vous avez écrit un roman fantastique? Explorez l’allée du fantastique. Repérez des maisons d’édition intéressantes, et notez leurs coordonnées dans un calepin (ou sur un iPhone, soyons XXIe siècle).

Choisir les maisons d’édition où l’on fera ses premiers envois

Parmi les éditeurs retenus, lesquels vous intéressent le plus? Lesquels ont produit vos coups de cœur, les livres qui sont, à votre avis, les mieux travaillés?

Soyez judicieux.

Choisissez selon vos valeurs et vos gouts personnels. Voici des suggestions de critères, pas nécessairement en ordre d’importance :

  • la notoriété de la maison d’édition;
  • la qualité littéraire de ses publications;
  • l’étendue de son budget consacré à l’impression et à la promotion de ses publications;
  • l’attention qu’elle porte à la facture visuelle de ses livres (leurs couvertures conviennent-elles à vos standards royaux?);
  • la réputation des auteurs qui publient là-bas;
  • la proximité physique de cet éditeur (une maison d’édition dans votre pays, c’est toujours préférable pour commencer);
  • la confiance qu’elle vous inspire.

Tant que votre décision est réfléchie, vous devriez bien vous en tirer.

Doit-on envoyer un seul manuscrit à la fois, ou plusieurs?

C’est une des questions qu’on me pose le plus souvent. Sachez que les opinions diffèrent.

La plupart des éditeurs vous diront qu’il faut envoyer son manuscrit à un seul endroit à la fois, ou deux, à la limite.

Des auteurs aguerris pourraient, au contraire, vous dire d’en envoyer une dizaine en même temps.

En vérité, le choix vous appartient.

Dites-vous que si vous envoyez dix manuscrits et que vous êtes accepté quelque part, vous devrez joindre neuf éditeurs pour leur dire d’interrompre leurs démarches. Neuf éditeurs auront perdu leur temps avec vous. Ça les vexera peut-être.

Considérez aussi votre investissement monétaire. Un manuscrit coute environ 30 $ à produire et à expédier. Dix envois à 30 $, cela représente un coquet investissement de 300 $. Et à ce prix, vous n’avez pas l’assurance d’être accepté, loin de là.

Si au contraire vous envoyez un seul manuscrit et attendez d’avoir une réponse avant d’en expédier un autre (après 6 mois d’attente), vous pourriez accumuler bien des rides avant d’obtenir un « oui ». Mais parfois, ce temps est nécessaire pour qu’une oeuvre atteigne sa pleine maturité.

Faites ce qui vous semble raisonnable.

Maintenant que vos éditeurs sont sélectionnés, il est temps de préparer votre manuscrit avant de l’expédier.

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À quels éditeurs doit-on envoyer son manuscrit?

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