fbpx

Parfois, un projet grandit de façon exponentielle.

Dans la série Le fléau de Roc-du-Cap que je suis en train d’écrire, la première partie intitulée Le dernier rituel faisait exactement 750 mots. Une micronouvelle gratuite, qui sert surtout à donner le ton. La suite, Le premier survivant, entrait déjà plus en profondeur dans le sujet avec ses 2500 mots.

Pour la troisième partie intitulée La nouvelle hantise, je voulais commencer une plus grande aventure où l’on apprendrait à connaître les personnages plus en profondeur, et ceux-ci reviendraient dans les parties subséquentes. Évidemment, entrer dans ce niveau de détail faisait en sorte que je m’éloignais du style de la nouvelle au sens traditionnel. Il y aurait nécessairement plus de dialogues, plus de descriptions et plus d’action.

J’avais prévu écrire 10 000 mots au départ, nombre que j’ai atteint assez rapidement, alors que j’avais seulement raconté la moitié de mon plan. Que devais-je faire? Couper la moitié de mon texte pour respecter cet objectif arbitraire? Ça aurait pu être une solution sensée, sauf que… à quoi bon? Ce que j’avais écrit, c’était un squelette avec bien peu de viande. La plupart des écrivains coupent au moment de passer à l’étape de la réécriture; moi, c’est l’inverse. Quand je reviens sur mon récit, il enfle d’environ 20 % puisque j’ajoute le style à ce moment-là. Ça n’aurait pas servi à grand-chose de sortir la machette… Tout ce qui était écrit me semblait essentiel.

Dix mille mots, et j’étais loin d’avoir fini. Heureusement, je n’avais aucune contrainte tangible. Si je continuais à écrire, aucune directeur de collection n’aurait dit que mon livre était trop épais par rapport aux autres et coûterait trop cher à imprimer. Je fais du numérique.

Certains me diraient qu’avec ces longueurs variables, je pourrais semer la confusion chez mon lectorat. C’est bien vrai : après tout, quelqu’un qui lit la première partie, qui fait 750 mots, pourrait très bien penser que toutes les parties suivantes auront cette longueur. Ça m’angoissait un peu, au départ, et c’est pourquoi j’ai mis un petit texte explicatif à la fin des deux premières parties, qui explique vers quoi se dirige la série. J’ai aussi posé les étiquettes “Micronouvelle”, “Nouvelle” et “Novella” au bas des couvertures. N’empêche, je suis conscient que je perdrai quelques lecteurs au passage. C’est un sacrifice que je suis prêt à faire pour rester fidèle aux exigences de mon histoire.

La nouvelle hantise demandait plus de 10 000 mots? Alors plus de 10 000 mots elle aurait. J’ai continué jusqu’à me rendre à 15 000, et à cette étape, l’histoire en demandait 20 000. Et la même chose s’est répétée à ce palier.

Maintenant, j’en suis à 25 000 et j’approche enfin de la conclusion prévue. Au format poche, ça fait environ 150 pages.

Je me demande encore si je dois étiqueter ce livre comme une “Novella”. En anglais, les récits de 25 000 mots sont catégorisés ainsi, mais les textes en anglais contiennent en général beaucoup plus de mots pour une même longueur. En français, à 25 000, on parle plus d’un court roman. J’ai encore le temps d’y réfléchir.

La couverture provisoire :

La nouvelle hantise

Le premier jet achève. Je suis pas mal satisfait de ce qui est raconté, mais je sais très bien que l’effort de réécriture à fournir sera colossal. Retroussons nos manches!

“La nouvelle hantise” atteint 25 000 mots
Étiqueté avec :

6 avis sur « “La nouvelle hantise” atteint 25 000 mots »

  • 12 janvier 2015 à 9:56
    Permalien

    Coups de tête publie-t-il des novella ou des romans?

    C’est environ ce format, souvent.

    Répondre
  • 12 janvier 2015 à 10:00
    Permalien

    Ils disent des romans. Mais je pense qu’il ne faut pas se limiter à la longueur proprement dite, mais aussi à l’atmosphère et au “feeling” général d’une histoire. Et la culture du numérique a ses propres balises, bien qu’elle soit assez peu définie dans le monde francophone. J’ai l’impression qu’appeler ça “Roman” serait malhonnête, mais je n’arrive pas à dire pourquoi. C’est con, hein?

    Répondre
  • 12 janvier 2015 à 11:32
    Permalien

    En France, c’est plus simple, c’est roman ou rien. Moins riche, mais plus simple.

    Répondre
  • 12 janvier 2015 à 11:57
    Permalien

    En fait, même au Québec, le terme “novella” est bien peu utilisé. Cependant, je sens le besoin de mentionner un indice sur la longueur du texte sur la couverture, vu qu’on ne peut pas voir l’épaisseur physique du livre pour juger le temps de lecture.

    Répondre
  • 12 janvier 2015 à 15:16
    Permalien

    C’est drôle, moi à 25 000 mots, j’appellerais plus ça un “roman” pour les fins de la vente.

    Bien des gens ne savent pas ce qu’est une novella et je pense que lorsque c’en est une, c’est vraiment avec beaucoup moins de mots (ex. : 8000, 10000), ce qui peut décevoir le lecteur du côté de la longueur s’il ne s’y attendait pas. Alors on précise pour que ce soit clair dès le départ et le prix est en conséquence.

    Mais avec 25 000 mots? Me semble qu’il doit y avoir assez de contenu (surtout te connaissant) pour que ça puisse être considéré comme un roman. Je ne trouve pas ça malhonnête du tout. Il y a plein de romans qui ont cette longueur là, non? (ex., les clowns, c’est considéré comme des romans?) Et puis, avec du numérique, on a par défaut un tarif plus abordable, donc pas d’arnaque là-dedans je trouve.

    Mon grain de sel! :)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *