On désire acheter un livre numérique. La première chose qu’on se demande : y a-t-il des DRM? Deuxième question : quel format choisir?

Je suis convaincu que nous réussissons, petit à petit, à nous débarrasser des DRM. Ainsi, avec de la chance, nous n’aurons bientôt plus à nous poser la première question.

J’aimerais qu’il en soit ainsi pour la deuxième.

C’est vrai. Au fond, pourquoi nous oblige-t-on à sélectionner PDF ou Epub avant d’acheter un livre numérique?

Car les librairies virtuelles nous offrent normalement ces options : « Papier — PDF — Epub ». Il y a un prix pour le papier et un autre, légèrement moins élevé, pour les formats numériques.

En 2013, l’option du numérique est moyennement alléchante. Les Epub représentent un risque; parfois, leur conception laisse à désirer. J’en ai lu quelques-uns dont la mise en page était bâclée et/ou produite par des « générateurs de Epub » (et ça paraissait). Dans ces cas, j’aurais préféré avoir le PDF.

Mais l’inverse est aussi vrai. Un PDF, ça peut être très désagréable à consulter sur une liseuse, selon les dimensions qu’on a fixées au document. Un lecteur pourrait regretter son achat et être persuadé qu’un Epub lui donnerait une meilleure expérience.

Pourquoi alors ne nous donne-t-on pas accès à tous les formats, une fois que le livre numérique a été payé? Cela nous simplifierait la vie, non?

L’offre du format : calqué sur le papier

Au format papier, on peut choisir la « couverture rigide » pour le plaisir de tenir un gros livre. On peut aussi se procurer la version souple pour économiser quelques dollars.

On achète un seul et unique « objet » qu’on ne peut multiplier.

L’unicité du matériel ne doit pourtant plus être prise en considération lorsqu’on parle d’un bien numérique. En achetant ce bien, on devient le possesseur d’un concept, d’une réalité immatérielle.

Sur RuedesLibraires, par exemple, quand j’opte pour un livre en Epub, je paye et quelques minutes plus tard, j’obtiens un lien par courriel où je peux télécharger mon livre. En mots simples, on me donne la « permission » de l’avoir et de l’utiliser. Si je le perds, je peux le télécharger à nouveau, en tout temps.

Pourquoi alors doit-on payer pour le « format »? Le numérique nous permet de nous affranchir des limites imposées par la matérialité. Les possibilités s’ouvrent, alors fonçons : arrangeons-nous pour acheter le « livre », tout simplement. Le format suivra.

L’exemple de Blizzard Entertainment

La compagnie Blizzard Entertainment conçoit et vend des jeux vidéos sur différentes plates-formes, en différentes langues, en version numérique.

Cet hiver, j’ai acheté le titre Starcraft II sur leur boutique en ligne. Au moment de payer, m’a-t-on demandé si je désirais la version Mac ou PC? M’a-t-on obligé à choisir immédiatement dans quelle langue de voulais mon jeu?

Non.

On m’a simplement fait acheter Starcraft II.

L’achat d’abord, la version ensuite

Une fois le titre acheté, on m’a permis d’accéder à une page de téléchargement spéciale. Sous le titre « Starcraft II », une boite de dialogue m’a demandé sur quelle plate-forme je comptais jouer, et quelle langue je préférais.

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Après avoir fait mes sélections, mon téléchargement a commencé. Une heure plus tard, je tuais déjà des Zergs.

Si j’avais choisi la version française et que, finalement, j’avais trouvé la traduction énervante, pas de problème. J’aurais pu désinstaller le jeu, retourner sur la boutique, sélectionner une nouvelle langue et recommencer un téléchargement, avec une version complètement différente.

J’ai trouvé que c’était une belle expérience pour le consommateur.

De plus, cette liberté ne pénalise aucunement Blizzard; la compagnie ne perd aucune de ses copies en « stock » quand les clients recommencent leurs téléchargements. C’est de l’immatériel!

Appliquons le modèle de Blizzard sur le livre numérique

Faisons comme eux pour le livre. Achetons un droit sur un « titre » numérique – et non sur un format – et laissons les lecteurs choisir le fichier qu’ils préfèrent après le paiement.

À mon avis, tout le monde en sortirait gagnant. Ça rendrait l’offre numérique beaucoup plus alléchante, notamment pour les œuvres qui ont une mise en page particulière (et qui nous font hésiter entre le PDF et l’Epub).

Êtes-vous de mon avis? Devrions-nous changer ce modèle commercial?

Livres numériques en PDF ou en Epub : un modèle commercial à revoir
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