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Ces temps-ci, un statut viral circule sur Facebook : il s’agit de nommer les 10 romans qui ont le plus marqué notre vie de lecteur. Ce ne doit pas nécessairement être nos “meilleures” lectures… juste celles qui ont eu un impact définitif. Je trouve ça intéressant de lire les listes de mes amis et collègues. Cependant, j’aimerais bien savoir pourquoi ils ont choisi tel ou tel livre. Après tout, on parle de lectures marquantes. Pourquoi ont-elles marqué? Il me semble que ce serait bien de lire les raisons, bien plus que la liste en tant que telle.

Bien sûr, l’espace sur Facebook ne permet pas d’entrer dans ce genre de détail. Alors, je profite de la plateforme du blogue pour répondre à l’invitation que m’a lancée Michel J. Lévesque (vive le blogue!).

Mes 10 lectures, pas nécessairement en ordre d’importance (j’espère que vous ne serez pas offensé de voir que j’inclus des BD, comme c’est un gros morceau dans ma vie de lecteur) :

  • Aliss, de Patrick Senécal : C’est le livre charnière qui m’a fait passer du côté des “vrais” lecteurs. Avant ça, je n’avais vraiment lu que des livres obligatoires au secondaire et au cégep qui me faisaient tous bâiller d’ennui. Dans ma tête, un roman le fun, ça se pouvait juste pas (évidemment, ma culture littéraire était assez restreinte à l’époque). Ma soeur avait acheté Aliss durant le Salon du livre de Québec. Elle avait 14 ans. Je me souviens que Patrick avait hésité à donner ce livre à une lectrice aussi jeune. Comme ma mère était avec nous, elle a donné son approbation. Ma soeur l’a lu, elle a capoté, et après je le lui ai emprunté. Sans blague, ça a été une révélation. C’était la première fois de ma vie que je me cachais pour lire, je tournais les pages, je voulais en savoir plus. Le déclic s’est fait dans ma tête : “Peut-être que si je prenais la peine de m’informer et de chercher un peu plus, j’arriverais à trouver des livres qui me plaisent”. Ce fut le cas.
  • Germinal, d’Émile Zola : Lu à l’époque extrêmement pénible où ma fille se réveillait aux heures pendant 13 loooongs mois. Et en plus, elle ne s’endormait qu’après une heure de berçage intensif. Notre vie, à Mireille et moi, tournait uniquement autour des dodos de notre enfant. Comme je m’emmerdais solide, et que ma liseuse n’était pas rétroéclairée, j’ai téléchargé de gros classiques sur mon iPod pour me désennuyer pendant que je berçais ma fille. Grâce à Germinal, j’avais un peu plus hâte à ce moment-là.
  • Paul à Québec, de Michel Rabagliati : Un des seuls livres qui a réussi à me faire brailler comme une Madeleine, et qui me fait brailler à chaque relecture.
  • L’affaire Charles Dexter Ward, de H.P. Lovecraft : Chez mes parents, il y avait une petite bibliothèque vitrée au sous-sol. Il contenait surtout des livres de Cousteau sur les fonds marins (mon père aime vraiment les documentaires animaliers et il m’a transmis cette passion). Il y avait quelques romans, beaucoup d’Agatha Christie et des trucs du genre, édités par le Reader’s Digest. En fouillant, j’ai trouvé le petit livre de Lovecraft perdu entre le reste. Inculte, je pensais que “Lovecraft” était un pseudo pour quelqu’un qui écrit des romans d’amour. Cette nuit-là, j’ai pas dormi.
  • Yuyu Hakusho, de Yoshihiro Togashi : Une série de manga, sûrement pas une des meilleures. Mais je les dévorais durant ma première année de cégep, alors que je vivais en appartement dans la “grande ville” pour la première fois. Si j’avais pas de cours, je m’évachais sur Fano, j’ouvrais un Yuyu pis y’avait pu aucun problème qui existait dans le monde. QUEL BONHEUR! Il faut dire que j’ai emprunté quelques éléments de ce livre pour écrire Alégracia.
  • La communauté de l’anneau, de Tolkien : J’avais essayé de lire ce livre en 2002, durant mes pauses alors que je travaillais chez Olymel (je me cachais dans les cabines des toilettes, là où il n’y avait aucune caméra). À l’époque, je ne lisais pas beaucoup, mais ce livre m’avait attiré parce que j’étais un ancien joueur de D&D. Après 200 pages, j’ai jugé que j’étais pas prêt à passer à travers cette brique (mais maudine, personne ne m’avait dit que le barde énervant ne revenait plus après ces 200 pages… j’aurais pu continuer et j’aurais sûrement été capable). Bref, j’ai repris ma lecture en 2006, alors que j’avais plus “d’entraînement” en lecture, et je l’ai dévoré en quelques jours.
  • Chronoreg, de Daniel Sernine : J’ai acheté ce livre pendant que j’écrivais Les limbes des immortels, parce que je savais que Sernine abordait des thèmes un peu similaires (une drogue pour voyager dans le temps). Il fallait donc que je le lise, absolument, pour m’assurer que je faisais pas la même chose que lui. Le texte m’a carrément jeté par terre. Romance, action, mystère. Tout y était. C’est un fucking miracle que ça m’ait pas découragé à écrire mon livre.
  • Rincewind the Wizzard, de Terry Pratchett : Une révélation pour l’humour en fantasy. Avant ça, je pensais même pas que ça existait. J’étais fasciné de voir que la majorité des blagues passaient dans le style, et pas nécessairement dans l’action.
  • Un ange cornu avec des ailes de tôle, de Michel Tremblay : Avant ce livre, et j’ignore pourquoi, je snobais Tremblay. Je me suis souvent reconnu dans son récit, alors qu’il parlait d’écriture, et ça m’a rassuré, en quelque sorte. Après ce livre, j’ai lu, par plaisir, beaucoup de classiques québécois.
  • Harry Potter and the Half-Blood Prince, de J.K. Rowling : Je snobais aussi Harry Potter juste parce que c’était populaire, et comme bien du monde, j’ai embarqué dans la vague après 3 livres. C’est cependant au 6e tome que je me suis vraiment senti fiévreux de savoir LA SUITE. J’avais jamais vraiment entré dans une communauté de lecteurs comme celle-là, et pour tout dire, je me suis pointé à minuit, à la Maison anglaise, pour l’activité de lancement à Québec.

À mon tour, je vais lancer le défi à Mireille Duval et Gabrielle de Billy Brown.

Les 10 lectures qui m’ont le plus marqué
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2 avis sur « Les 10 lectures qui m’ont le plus marqué »

  • 6 septembre 2014 à 19:03
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    Un ange cornu avec des ailes de tôles! Quel excellent livre! Je suis d’accord. Bizarre que je n’ai pas pensé à le mettre dans mes lectures marquantes, parce que s’en est une. Quoique se limiter à dix c’est tellement dur…

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  • 10 septembre 2014 à 15:38
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    C’est bien vrai! Et je regrettais de ne pas pouvoir mettre les essais, parce que j’en aurais eu une autre bonne pelletée de ce côté-là…

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