Pour qui écris-je?

C’est une question que tout auteur avec une démarche sérieuse doit se poser avant de commencer à étendre ses mots sur le papier.

Par démarche sérieuse, j’entends : un auteur qui veut publier. L’écrivain qui écrit pour le plaisir n’a pas vraiment à y répondre. Ça va de soi, il écrit pour lui. Mais aussitôt qu’on pense à publier, on écrit pour les autres.

La question n’implique pas seulement le lectorat. Il faut inclure l’éditeur dans l’équation.

Prenons mon nouveau projet : Reconquêtes. Ce sera une histoire de fantasy qui risque d’être étoffée. Je dois savoir comment aborder l’histoire et, pour cela, je pense lectorat et surtout éditeur : à qui veux-je l’envoyer?

Comparons les méthodes d’écriture que j’emploierais avec deux maisons d’éditions très différentes : Alire et les Intouchables.

Alire est une maison d’édition adulte. Aucun roman jeunesse n’est accepté. Leur directeur littéraire est, semble-t-il, très pointilleux.

Avec l’objectif de publier là-bas, mon roman :

  • serait long;
  • comporterait beaucoup de description;
  • aurait un univers très très très élaboré;
  • aurait peu de dialogues;
  • devra présenter une qualité littéraire irréprochable.

D’un autre côté, si je voulais publier chez les Intouchables, j’aborderais Reconquêtes d’une façon très différente. Mon histoire :

  • serait divisée en plusieurs livres;
  • privilégierais l’action sur l’atmosphère;
  • présenterait un univers élaboré, mais pas trop, pour laisser place à l’action;
  • aurait beaucoup de dialogues;
  • comporterait des phrases relativement simples.

Pourquoi je sais ça? Parce que j’ai lu beaucoup de romans qui proviennent de ces deux maisons d’édition. Ces aspects sont presque toujours redondants dans leurs livres.

Donc, avant de commencer Reconquêtes, je dois me poser la question qui tue : pour qui écris-je?

Pour quelle maison d’édition?

Bien entendu, les choix abondent. C’est difficile de s’y retrouver dans cette jungle.

Choisir sa maison d’édition, c’est choisir son public cible

23 avis sur « Choisir sa maison d’édition, c’est choisir son public cible »

  • 23 janvier 2009 à 8:05
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    Petite nouvelle dans le monde des blogues, je vous découvre via de nombreux liens. En ce qui concerne les maisons d’édition, avec la convergence, rien n’est moins évident que de trouver non pas celle qui correspond à son style, mais celle surtout qui voudra bien nous publier. C’est déjà un tour de force.

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  • 23 janvier 2009 à 9:48
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    Je dirais qu’adapter son style est déjà une bon premier pas vers une éventuelle acceptation. Un des premiers reproches que font les maison d’éditions envers les auteurs est de ne pas s’informer sur ce que la maison publie. Certains ont déjà envoyé des romans d’amour chez les Six Brumes alors que ces dernier publient de l’horreur et de la fantasy!!

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  • 27 janvier 2009 à 16:48
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    Plutôt que d’adapter son écriture à une maison d’édition ne devrait-on pas plutôt choisir l’approche qui colle le mieux d’abord à l’histoire qu’on veut faire? Ou qui colle le mieux avec ce que l’auteur peut faire? Ne serait-ce pas dommage, par exemple, de publier sous le format adoré par les intouchables une histoire qui fonctionnerait mieux à la façon alire (ou inversement…) juste parce qu’on veut la publier?

    Avocatus diabolicus… :-) Dsl, je me sens d’humeur à exercer mon métier de poseur de questions aujourd’hui :-p

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  • 27 janvier 2009 à 18:05
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    Ça dépend de l’objectif. Si c’est vraiment de publier coute que coute, je viserais la maison d’édition en premier, selon, évidemment, l’angle que je veux donner à mon histoire. Les deux vont ensemble. Si mon histoire ferait une bonne série, j’irais voir des éditeurs qui se spécialisent là-dedans.

    Et il n’y a rien de mal à jaser avec le directeur littéraire pour savoir ce qu’il aime. S’il est accessible, bien entendu…

    Évidemment, il faut toujours y aller selon ses capacités. Jamais je n’écrirais avec l’objectif de publier chez Alire; je suis encore trop morveux pour plaire à Jean Pettigrew. C’était seulement pour faire l’exemple.

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  • 30 janvier 2009 à 14:07
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    PAC, tout dépend, je pense, des objectifs poursuivis. La narration doit servir l’histoire, mais doit aussi servir l’intention et le propos. Je pense que l’intention d’écriture peut dicter la forme que prendra l’histoire en tenant compte du public visé. Après tout, la division des maisons d’édition en collections et en genres de publications soutien ce principe.

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  • 28 août 2009 à 20:37
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    Bonjour. Je suis un nouvel auteur qui donne dans le thriller pour jeunes adultes et je cherche une maison d’édition. J’ai pensé à Michel Brûlé, mais j’ai un mauvais présentiment à propos de cet homme. Pour ceux qui ont déjà été publié, est-ce que la commission est la même pour chaque maison d’édition?

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  • 29 août 2009 à 16:13
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    À ce que j’ai entendu à propos de Michel Brûlé, tous les auteurs qu’il publie ont été satisfaits du service.

    En général, les commissions tournent autour de 10 %. C’est pas mal standard.

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  • 29 août 2009 à 20:58
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    Merci de votre réponse. J’ai tellement de questions et si peu de personne à qui je peux demander. Si je peux abuser encore de votre gentillesse permettez-moi.

    Votre manuscrit est-il sans fautes aucune?
    À combien de personnes faites-vous lire votre manuscrit avant de l’envoyer chez l’éditeur?
    Est-ce vous qui dessinez la page couverture de votre roman ou est-ce un infographiste de la maison d’édition?
    Est-ce mal vue d’utiliser un pseudonyme?

    Merci d’avance
    Yohan

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  • 29 août 2009 à 22:26
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    Je ne connais personne qui puisse prétendre envoyer un manuscrit sans faute. Des coquilles, on en laisse toujours. Mais il faut quand même corriger son texte jusqu’à ce que les veines nous explosent dans le blanc des yeux.

    En général, je fais lire mon manuscrit par au moins 4 personnes, dont deux qui s’intéressent au genre et deux qui sont de gros lecteurs, tous genres confondus. C’est toujours bon d’avoir des points de vue variés.

    Dans mon cas, c’est moi qui travaille sur la page couverture. Mais je suis une exception. Normalement, c’est la responsabilité de l’éditeur.

    Je ne crois pas que ce soit mal vu d’avoir un pseudonyme. Je connais pleins d’auteurs qui en ont et qui réussissent bien dans leur métier (Daniel Sernine, Laurent McAllister, Bryan Perro (même si c’est juste la graphie), Audrey Parily, etc.)

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  • 30 août 2009 à 9:25
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    Existe-t-il un groupe de lecture, prêt à lire notre manuscrit? Malgré le fait que mes pers l’aime, je ne suis pas encore certain de leurs total honnêteté.

    Dernière question et je le jure, j’arrête de vous embêter :)

    Est-ce que le salon du livre est un bon endroit pour rencontrer des éditeurs?

    P.S. Je ne croyais pas qu’il était possible de vivre de l’écriture au Québec. J’ai resté surprit que vous écriviez à temps plein. Il serait si bon de pouvoir écrire, juste écrire…

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  • 31 août 2009 à 17:54
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    Merci de vos conseils! C’est super apprécié. Pour ma part, comme je suis réalisatrice/scénariste et que j’ai ma propre compagnie d’Édition (web et vidéo) j’hésite encore entre publier moi-même et me bâtir un capital pour publier d’autres auteurs plus tard ou bien, faire affaire avec une maison d’édition et là, ne pas être considérée comme “auteure amateure à compte d’auteur” mais vraiment comme un auteur en devenir… ou pro, un jour… j’espère.

    Pour ce qui est des Éditions Alire, petit bémol, le tout dernier roman de Sénécal (Hell.com) n’a presque pas de description (c’est quasiment un scénario écrit au présent, ce qui m’horripile car lorsque je lis un roman je veux sortir du travail de scénariste et me plonger dans un style littéraire et non cinématographique) et beaucoup de dialogues… Mais, tu vas me dire que c’est Sénécal! Il peut faire ce qu’il veut, même une dissertation horrifique sur une moumoute électrique! Je serais d’accord avec toi aussi! hihi!

    Bref, merci encore et pour ceux qui se posent des questions sur la révision de textes, mon roman, moi, je le fais réviser par deux réviseures professionnelles. Bon, ça va me coûter un bras et une jambe mais au moins, j’aurai l’esprit tranquille. Bien entendu, pour minimiser les coûts, je passe au correcteur Antidote, je fais une relecture moi-même et tant que je ne suis pas satisfaite, je ne leur fournis pas. Donc, moins elles ont à corriger de mots dans mon manuscrit, moins cher à remonte au bout de la ligne! hihi!

    Pour l’esprit critique, je vous dirais, si vous protéger votre manuscrit fini (que vous savez qu’il n’y aura plus de changements majeurs du genre retirer 10 chapitres là), même si les fautes ne sont pas encore toutes corrigées, vous pouvez tester votre manuscrit sur le Web (des bouts, des chapitres) et voir comment réagissent votre public. Et voir quel public cible cela touche…

    Pour ma part, pour mon propre manuscrit, ça m’a montré à me censurer car je suis disons… très ouverte de tout. Donc allez le “soft porn” et le “hard core” ça ne me fait pas peur et j’en écris. Par contre… ouf! Je me suis rendue compte que mon public des fois descend jusqu’à 15 ans!! Ish!!!

    Donc faut se censurer dans ce cas-là avant d’être accusée de pédo finie!

    Mais bon, dans le cas du Web, j’admets qu’il faut être protégé bord en bord en béton armé… Le point de vue de M. Bellavance sur les amis critiques et public critique est donc encore plus adéquat…

    D’un autre côté, une chose j’aimerais spécifier : ne jamais vous sous-estimer! Certains auteurs ont envoyé des trucs dans de très petites maisons d’édition et n’ont pas été rappelés et ensuite, boum! C’était de gros majors qui rappelaient (ex: De Mortagne – pour Anne Robillard, etc.) On ne sait jamais!

    :)

    Go go go!

    Shamane

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  • 28 mai 2010 à 9:33
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    Moi je n’ai qu’une question Dominic, lorsque tu publie un livre, comment le protège tu ce dernier, les droits d’auteurs ?

    Je m’explique. Moi j’aurais peur que la compagnie d’édition me vole mon livre et décide de le publier sans me verser aucune commission ou peur de me faire arnanaquer par de fausses compagnies d’éditions etc. Est-ce que tu prends certaines précautions avant de publier afin éviter ce genre de problèmes Dominic? Comment procèdes-tu pour t’assurer que tes droits d’auteurs ne seront points violés et pour être certain de ne pas te faire avoir d’aucunes façons ?

    Sinsèrement,

    Marc

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  • 28 mai 2010 à 10:17
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    Si un éditeur te vole ton livre, tu pourras le poursuivre et faire beaucoup d’argent.

    Pour t’assurer de gagner en cours, tu peux, juste avant d’envoyer ton manuscrit aux éditeurs, t’envoyer ton propre manuscrit en courrier recommandé. La lettre sera datée. Ne l’ouvre pas et cache cette enveloppe en sécurité. Elle pourra éventuellement prouver que tu es bel et bien l’auteur de l’oeuvre. Cette preuve est présentable en cours.

    Note toutefois que le vol de droit d’auteur n’est pas du tout avantageux pour les éditeurs. Ceux-ci veulent que les auteurs s’impliquent dans la promotion de leur oeuvre. Si l’éditeur vole un manuscrit, on se doute que l’auteur fraudé ne courra pas les salons du livre…

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  • 18 juin 2010 à 21:12
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    QUESTION… JUSTE COMME ÇA

    SALUT!
    J’ai débuté dans l’écriture il y a environ 2 ans et, là, je veux publier! Avant de vous lire, j’avais déjà envoyé mon… premier chapitre à un éditeur réputé (les INTOUCHABLES, pour être plus précis). J’ai une question… j’ai 12 ans et… puis-je me faire escroquer plus aisément seulement à cause de mon âge? J’ai confience en les intouchables, seulement je vous pose cette question au sens général :
    MON ÂGE ME DONNE-T-IL MOINS DE DROITS ???
    et
    AVEZ VOUS QUELQUES CONSEILS À ME DONNER ???

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  • 19 juin 2010 à 13:06
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    L’âge ne donne certainement pas moins de droits. Ça n’a pas d’importance. Ce qui est important, toutefois, c’est de les connaitre, ces droits.

    Pour que je puisse donner d’autres conseils, il me faudrait des questions plus précises.

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  • 22 août 2010 à 9:38
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    En lisant votre texte, je m’y retrouve rapidement. En ce moment même, je suis en pleine création et je vais très bientôt allez chez les Intouchables pour mon tout premier roman. Il est vrais qu’il difficile de ciblé son additoire au milieu de cette multitude de lecteurs. J’ai 16 ans et étrangement, je vise des lecteurs bien plus vieux. Comme vous le dites, lorsqu’on n’écris plus pour le plaisir, notre écriture est pour le reste du monde. Mais puisque je suis là, je me permets une simple question en toute finesse;

    – Ce peut-il que les éditeurs demandent un changement complet ou minime d’une partie d’un livre, juste pour son contenue qui pourrait être plus ou moins provocateur pour les lecteurs? Je ne parle pas juste de partie plus «Sexuelle», bien sûre.

    Il est sûre qu’il est compliqué d’être publier, mais la question n’est pas la maison d’édition! Le tout réside autour des mains des décideurs. Mais pour le moment, je replie mes paroles et demeure au silence, tel une nuit sans étoile.

    J’espère pour le moindre que ma question est bien formuler et que vous me donnerez de bon conseil dans votre domaine!

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  • 20 février 2011 à 9:17
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    Ma démarche est quelque peu différente de tout ce que j’ai pu lire. Je suis instit, et j’aime faire monter mes élèves sur les planches. Alors j’ai commencé à écrire pour eux… j’ai corrigé, développé… pour enfin présenter aux parents, à des associations (car tout comédien, même jeune, a besoin de publics). Maintenant, j’ai une pièce à peu près ficelée, et je voudrais aller plus loin, la publier. J’ai d’autres projets en cours et je trouve dommage d’avoir fourni autant de travail pour enfermer le tout dans un placard.
    Je voudrais avoir des conseils:
    Dois-je choisir une maison d’édition spécialisée dans le scolaire, au risque de me fermer des portes?
    Dois-je me tourner vers une maison spécialisée (exclusivement) dans le théâtre, je pense à Art et Comédie?
    Ou vaut-il mieux tenter d’abord sa chance vers une plus grande maison et pour se tourner éventuellement vers une plus modeste en cas de refus?
    Merci à ceux qui prendront la peine de me conseiller.

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  • 22 février 2011 à 14:17
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    Juliette : Je ne m’y connais pas beaucoup en théâtre. Par contre, logiquement, j’essaierais d’envoyer mon travail dans les plus grandes maisons d’édition puis d’y aller en descendant. Je pense aussi qu’il faudrait essayer les maisons d’édition spécialisées en théâtre.

    L’idéal serait d’écrire à un auteur qui a déjà publié dans ce domaine et lui demander des conseils.

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  • 2 septembre 2011 à 6:45
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    Bonjour,
    petite question…
    Je travaille depuis plus d’un an sur un roman jeunesse de science fiction que j’aimerai publier. En ce moment j’ai la tête pleine de fautes d’orthographe que je m’éforce de corriger au mieux, et de nom de maisons d’éditions. J’en cherche une justement. J’ai treize ans et me méfie donc beaucoup des maisons d’éditions qui pourraient m’arnaquer. Donc voilà presque un mois que je cherche un peu partout pour me donner une idée.
    J’habite en France mais est très interessée par la maison des Intouchables.
    Cela peut-il gêner de ne pas être dans le même pays ?
    Si je m’engage avec cette maison d’édition mon roman pourrait être publier en France ?
    Si il me faut une maison d’édition en France, laquelle me conseillerez-vous pour un roman jeunesse de science fiction qui serait accepté même avec mon âge ?

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  • 6 septembre 2011 à 8:46
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    Plusieurs éditeurs québécois publient des auteurs français. Sauf qu’il faut s’attendre, en général, à n’être publié que dans la Belle Province. Il y a quelques exceptions (comme les 400 coups, mon éditeur, qui est distribué en Europe).

    Pour les éditeurs en France, je n’ai malheureusement aucune connaissance sur ce marché. On m’a dit plusieurs fois que c’est extrêmement difficile de publier là-bas, si on n’est pas référé.

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  • 17 septembre 2011 à 6:52
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    Merci de votre réponse !

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