Je me suis surpris moi-même, durant ma conférence à l’Université Laval, vendredi dernier, de ne pas avoir parlé (ou presque) des réseaux sociaux.

D’abord, une des conférencières du matin avait abordé le sujet en profondeur; je ne voulais pas répéter ses propos. Mais je considère aussi, pour l’écrivain, que Facebook et Twitter sont loin d’être une réponse à tous les problèmes.

Vous le savez, entretenir les réseaux sociaux devient une activité chronophage si on oublie de s’imposer des limites. Il convient de se demander si ces heures ne seraient pas mieux investies dans des stratégies plus rentables comme :

  • les efforts pour apparaitre dans les médias traditionnels (télé, radio, journaux, etc.); mais surtout
  • l’écriture de ses livres.

Pourquoi je dis cela? Je me suis rendu compte que la plupart de mes auteurs préférés n’ont aucun compte Twitter ou Facebook. Ça ne les empêche pas d’avoir du succès à l’international.

La raison est simple : leurs livres sont excellents.

Dans cette optique, il faut voir les réseaux sociaux comme de l’eau supplémentaire dans « l’arrosoir marketing » qui nourrit une graine (l’oeuvre). L’idée est d’appuyer ses efforts promotionnels sur un travail de qualité pour rentabiliser vos efforts. Souvenez-vous que :

  • si votre graine est pourrie, elle restera sous terre, peu importe le nombre d’heures que vous investirez sur les médias sociaux;
  • si votre graine est forte, elle poussera, même si elle est nourrie seulement par l’eau de pluie (métaphore poche pour signifier « le bouche à oreilles »).

Dans le deuxième cas, bien sûr, l’arrosoir peut aider.

Cela dit, utilisez les médias sociaux pour le plaisir et pour vous promouvoir, mais ne vous attendez pas à vous transformer en star avec Facebook et Twitter uniquement. Misez d’abord sur vos livres. Ce sera plus payant.

Note : bien sûr, le terme “qualité” en littérature peut prendre plusieurs sens. À vous d’en faire votre propre interprétation.

Les réseaux sociaux ne sont pas une panacée pour l’écrivain
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16 avis sur « Les réseaux sociaux ne sont pas une panacée pour l’écrivain »

  • Ping :Tweets that mention Les réseaux sociaux ne sont pas une panacée pour l’écrivain | DominicBellavance.com -- Topsy.com

  • 30 janvier 2011 à 11:38
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    J’pense que sur les médias sociaux comme dans nos livres, faut écrire parce que ça nous fait tripper, parce par “qu’il faut bien le faire”.

    Cela dit, sujet ironique après le billet précédent qui annonçait le retour de ta page professionnelle sur Facebook! :p

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  • 30 janvier 2011 à 11:47
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    Gen : ironique, oui :) Et on pourrait aussi considérer que la plateforme du blogue est aussi un réseau social. Mais la différence avec, disons, ma pratique d’il y a 4 ou 5 ans, c’est que je me nourris moins d’illusions sur ce que ces réseaux peuvent vraiment m’apporter. Je les considère comme un “plus”, pas comme une solution.

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  • 30 janvier 2011 à 11:50
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    Ce billet est aussi axé sur le côté promo de la chose. Les réseaux sociaux peuvent évidemment être utilisés à d’autres fins.

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  • 30 janvier 2011 à 15:57
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    Bien d’accord avec ton propos.
    Vaut mieux essayer d’avoir des “amis” parmi les recherchistes de la télé et radio et parmi les journalistes et chroniqueurs que sur FB ou Twitter.
    Et nos écrits publiés demeurent de meilleurs ambassadeurs que soi.

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  • Ping :lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 01/31/2011

  • 4 février 2011 à 9:31
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    Tout à fait d’accord avec ton billet, Dom.

    On a beau être bien représenté, si ce qu’on vend ne vaut pas tripette, alors on n’est pas plus avancé.

    Deux choses qui aident à faire un succès : une bonne histoire et de la visibilité en librairie. Y’a pas de secret. Et je dis bien “qui aide” car même en remplissant ces deux conditions, rien n’est encore garanti.

    Si vous êtes connu, c’est encore mieux. Lise Dion en est à son premier bouquin et on la voit partout dans les médias. Ça ne risque pas de nous arriver, à nous.

    Et quand je parle de bonnes histoires, je veux dire de-bonnes-histoires-qui-sauront-plaire-à-un-large-public. En étant trop marginal, on se prive d’une grosse part de marché. “Ce n’est pas une affaire d’argent.” me diront certains. Peut-être bien, mais tout dépend de votre objectif : souhaitez-vous en vivre oui ou non ? Si vous répondez non, et bien je ne vous crois pas.Les artistes rêvent tous de vivre de leur art.

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  • 4 février 2011 à 15:27
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    Michel : Vivre de son art? Oh! que oui, j’en rêve! Et j’entreprends toutes les démarches pour y arriver (dont alimenter les réseaux sociaux, si c’est nécessaire).

    Quand je disais que le mot “qualité” pouvait être interprété de différentes manières, ça inclut bien sûr les livres destinés au grand public, mais aussi les succès critiques (qui sont, avouons-le, autant bons pour l’égo que pour le portefeuille).

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  • Ping :Faire la promotion de ses livres : ce qu’il faut savoir en commençant | DominicBellavance.com

  • 23 juin 2011 à 10:21
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    Je crois que les réseaux sociaux spécialisés (communautés de lecture) sont intéressants pour les auteurs.

    Je pense notamment à Babelio, le numéro un en langue française.

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  • 23 juin 2011 à 11:02
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    Si le design de Babelio n’était pas complètement exécrable, je songerais peut-être à m’y inscrire.

    Néanmoins, j’ai besoin d’un site qui recense toutes mes lectures, y compris celles en anglais. Je ne veux pas seulement faire de la promo, mais aussi utiliser le site pour mon propre plaisir et pour répertorier mes livres.

    En ce sens, Goodreads à une méchante longueur d’avance sur ses compétiteurs.

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  • 23 juin 2011 à 12:07
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    Certainement que les sites en anglais ont plusieurs longueurs d’avance.
    Mais, pour promouvoir un roman en français, Babelio ne semble-t-il pas le meilleur site ?

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  • 23 juin 2011 à 13:03
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    Je ne sais pas s’il est possible de “promouvoir” un roman sur ces plateformes. On peut certes s’assurer que nos publications y soient présentes, mais sinon… ça se limite à ça.

    Je vois qu’il existe quelques fonctionnalités intéressantes comme les entretiens avec des auteurs, mais encore là, ça semble se limiter aux écrivains français (de France). Je vois aussi que les auteurs qui ont bénéficié de ces entretiens ont eu très peu de rétroactions de la part des utilisateurs.

    Est-ce la faute des membres qui sont trop peu nombreux? Ou serait-ce à cause de l’utilisabilité médiocre du site? Peut-être un peu des deux.

    Je crois qu’il est préférable d’investir ses énergies ailleurs (Facebook et Twitter, par exemple).

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  • 23 juin 2011 à 13:25
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    Vous avez une expérience infiniment supérieure à la mienne sur le sujet, c’est évident.
    Toutefois, je ne suis pas sûr qu’il soit fait une distinction entre un romancier français, canadien ou belge, pourvu qu’ils écrivent en français.
    Dans cette optique, je songe à me faire connaitre du site québécois Pause Lecture, même si je suis français.

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  • 23 juin 2011 à 13:32
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    Je ne crois pas qu’il y ait une distinction volontaire, mais c’est la tendance qui se profile. Même si le site est franco, il semble être utilisé par une majorité d’Européens, et on sait que les livres québécois sont peu accessibles là-bas. C’est pourquoi j’y vois peu d’intérêt. Mais pour une personne comme vous, originaire de ce côté du monde, c’est une autre histoire.

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  • 30 juin 2011 à 11:58
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    “La raison est simple : leurs livres sont excellents.”

    et… ces auteurs bénéficient d’une solide promotion faite par leur éditeur. Rappel: la campagne de 100 000$ des Intouchables en 2002 pour lancer les trois premiers tomes de la série Amos D’Aragon n’a pas dû nuire.

    Oui à Michel, bonne observation, j’en sais quelque chose sur la largeur du marché, écrivant de la science-fiction-qui-n’est-pas-de-la-fantasy. (Les lecterus confondent encore les deux!)

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