La grande question philosophique. Souvent, les gens me disent : « Je voudrais acheter ton livre, mais tu dois préférer que je l’achète de toi directement, n’est-ce pas? »

Je ne sais pas trop quoi répondre.

Acheter un livre en librairie ou de l’auteur, les deux ont des avantages, les deux ont des inconvénients. Voici le fruit de ma réflexion là-dessus :

Acheter de l’auteur

  • Si la transaction s’effectue en personne, un montant plus grand revient à l’auteur. En général, le revenu brut qu’un auteur fera en vendant lui-même son livre sera 4 fois plus élevé qu’en le vendant en librairie;
  • Si la transaction s’effectue par Internet (et donc en utilisant les services de Postes Canada), le revenu de l’auteur est réduit. Au Canada, les frais pour expédier des petits colis sont très élevés, surtout quand le destinataire se trouve en région. Expédier un seul livre peut coûter jusqu’à 9,50 $. Évidemment, cet inconvénient disparait si une commande contient plus d’un livre ou si l’auteur fait payer des frais d’expédition;
  • Peu importe si la transaction s’est effectuée en personne ou sur Internet, l’auteur reçoit l’argent immédiatement. Il peut donc réinvestir ou jouir de cet argent plus rapidement;
  • Cela permet d’avoir un meilleur contact avec le lectorat;
  • L’auteur peut liquider ses stocks s’il a acheté trop de livres au moment de sa sortie;
  • Vendre un livre « en direct » est très motivant.

Acheter en librairie

  • La part qui revient à l’auteur est moindre. En général, ce dernier reçoit une redevance qui équivaut à 10 % du prix de détail du livre;
  • L’auteur reçoit ses redevances longtemps, très longtemps après que le livre ait été vendu. En général, pour un titre, un auteur reçoit seulement un chèque par année, à une date fixée par l’éditeur;
  • Quand un libraire vend un livre, il est plus enclin à en recommander des copies. Acheter en librairie assure une meilleure présence du bouquin sur les tablettes (et prolonge du même coup sa durée de vie);
  • Cela permet au titre de se retrouver dans les « Top 10 » des meilleurs vendeurs, chose qui serait impossible si le livre était uniquement vendu en personne;
  • Réduit le nombre de copies qui seront retournées au distributeur (les copies qui voyagent beaucoup ont tendance à s’abimer).

Je pense qu’au bout du compte, les deux finissent par s’équivaloir.

Est-ce mieux d’acheter un livre directement de son auteur?
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12 avis sur « Est-ce mieux d’acheter un livre directement de son auteur? »

  • 20 mars 2010 à 8:29
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    Encore faut-il que l’auteur ait le droit de vendre le livre en direct, ce qui n’est pas le cas de tous. Ce n’est certes pas le mien! J’imagine que ça dépend des éditeurs.

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  • 20 mars 2010 à 8:37
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    Finalement trois possibilités:
    l’auteur qui vend des livres qu’il a achetés (à 40% en général)
    l’éditeur qui vend des livres dans les salons, expositions (on oublie alors le décompte des libraires et les “top 10”
    le libraire qui vend des livres

    question de calcul je suppose: combien de contacts a l’auteur? d’occasions de vendre ses livres?

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  • 20 mars 2010 à 8:48
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    @Annie : J’ignorais que certains éditeurs interdisaient la vente directe. Je suppose qu’ils misent gros sur les librairies.

    @ClaudeL : J’avais oublié les salons, qui est une catégorie un peu à part. Les salons sont surtout à l’avantage des éditeurs, qui éliminent un ou plusieurs intermédiaires.

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  • 20 mars 2010 à 8:52
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    Merci du topo Dominic! ;)

    Je vais me sentir moins mal d’acheter ton livre avec ma dernière carte-cadeau reçue pour mes billets Côté Blogue ;)

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  • 20 mars 2010 à 9:50
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    Dans le fond, si on veut encourager l’auteur, l’idée c’est de lui acheter son livre, point. (Sauf dans une librairie de livres usagés, ça ça compte pas)

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  • 20 mars 2010 à 10:49
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    Je fais 50-50. Des exemplaires pour les proches et collègues. Après, je renvoie les connaissances en librairie pour ta raison: «Quand un libraire vend un livre, il est plus enclin à en recommander des copies.».

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  • 20 mars 2010 à 11:08
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    L’idéal, c’est un peu des deux.

    Il y a toujours des occasions où un auteur peut offrir ses propres livres parce qu’il n’y a pas de «service de librairie» sur place. Plusieurs manifestations littéraires ont des tables de ventes «maison», et c’est donc à l’auteur de fournir ses propres livres. Par exemple, même si en général il y a un vrai libraire dans la salle de vente des congrès Boréal, j’ai toujours recours à la table de René Beaulieu, à qui je confie mes livres que le libraire n’a pas ou ne peut pas avoir. Ou encore, si l’on se rend à une manifestation littéraire à l’étranger, il est à peu près sûr que l’auteur doive fournir ses propres exemplaires.

    C’est pourquoi je ne comprends pas ce qui semble une clause dans le contrat d’Annie et qui dit qu’elle n’a pas le droit de vendre son propre livre. Ce serait bien la chose la plus grotesque qu’un éditeur puisse faire.

    Évidemment, l’auteur ne peut pas aller porter ses propres livres dans une librairie. Un contrat le lie à la chaîne éditeur-distributeur-libraire. Mais s’il s’agit d’une manifestation ou aucun libraire officiel est présent, il est normal qu’un auteur fournisse ses livres.

    Mais comme le numérique bouleverse tout ces temps-ci, ce que l’éditeur d’Annie ne permet pas, c’est peut-être que l’auteur fasse la vente organisée de son livre sur un site web, par exemple.

    Mais il me semble que ça ne devrait pas empêcher les autres occasions.

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  • 20 mars 2010 à 13:59
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    Le contrat-type de l’ANEL, en tout cas celui que j’ai obtenu il y a 3-4 ans contient une clause qui dit: L’auteur a le droit d’acheter de l’éditeur des exemplaires additionnels de l’oeuvre pour son propre usage (et non en vue de leur vente) au prix de détail suggéré moins une remise de …

    C’est donc probablement une pratique courante.

    Je n’avais pas cette clause dans les contrats que je proposais à mes auteurs, parce qu’en tant qu’éditeur j’aime bien que mes auteurs vendent leurs livres; la remise n’est alors que de 40% au lieu de 57% (ou 55, 58 ou 60 dépendamment du diffuseur) lorsque le livre se vend en librairie. Mais je pense que je n’aurai pas le choix d’inclure la clause, parce que le contrat que je signe avec mon diffuseur contient lui-même une clause, probablement assez standard, qui dit: … l’Éditeur s’engage à ne pratiquer aucune vente directement de son fait… Je crois que ça inclut les ventes directs à mes auteurs si eux-mêmes vendent leurs livres.

    Je crois que dans des circonstances particulières, comme celles décrites par Claude B., et en quantité raisonnable, il n’y a probablement pas de problèmes à ce qu’un auteur vende quelques exemplaires. Il serait quand même préférable de préciser dans le contrat ce qu’est une “quantité raisonnable” et “quelques exemplaires”…

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  • 20 mars 2010 à 16:05
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    Juste un mot pour dire qu’il y a effectivement plusieurs maisons d’édition où les contrats stipulent que l’auteur ne peut vendre ses livres lui-même. Ce n’est pas mon cas, mais c’est celui de quelques-unes de mes connaissances…

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  • 21 mars 2010 à 10:33
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    Il y a tout de même un grand avantage à acheter directement de l’auteur : le contact humain. Parce que je préfère de loin le sourire de l’auteur au sourire du vendeur en librairie!

    Quand c’est possible, j’achète directement de l’auteur, mais en personne. Par la poste, c’est moins agréable, alors autant l’acheter en librairie.

    Mais il est bon de savoir que pour toi, c’est un peu du pareil au même. Comme ça, je n’aurai peut-être pas toujours besoin d’attendre de te voir au SLM ou au Boréal pour acquérir tes bouquins!

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  • 29 mars 2010 à 9:07
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    Hum… je me demande ce qui en est pour le numérique… Est-ce qu’un auteur peut vendre directement la version numérique de son oeuvre? Je vais regarder mon contrat :)

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  • 29 mars 2010 à 12:22
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    Je n’y avais pas pensé, mais ça doit requérir un certain contrôle de la part de l’éditeur, en effet.

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