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Écriture d’un roman : 5 erreurs fréquentes à éviter

Écrire un roman : 5 erreurs fréquentes à éviter

Je lis des manuscrits d’auteurs débutants depuis maintenant plusieurs années, dans le cadre de programmes d’accompagnement. Mon rôle est de lire les oeuvres et de les annoter pour permettre aux apprentis écrivains d’améliorer leur récit et leurs compétences générales en écriture.

J’ai constaté, au fil du temps, que les mêmes erreurs reviennent toujours dans ces manuscrits. Peu importe le genre de roman qui est présenté.

Je me suis dit qu’il serait bon de présenter les 5 erreurs les plus fréquentes que je vois à l’intérieur de ces projets, et d’y proposer des solutions concrètes. Ça aidera peut-être certaines personnes à les éliminer avant la fin de leur premier jet. (Car ces erreurs, vous les faites peut-être!)

Erreur #1 : Ne pas maîtriser son français

Ça pourrait paraître une évidence, mais beaucoup de débutants se lancent dans l’écriture sans connaître les bases du français. Parfois, je reçois des manuscrits avec tellement de fautes que je dois plisser les yeux pour « décoder » ce qui est écrit.

Quelle expérience de lecture cela donne, d’après vous?

Ces auteurs devront réaliser tôt ou tard que la langue française, c’est leur outil principal, au même titre que le crayon est l’outil des dessinateurs. Un illustrateur qui ne sait pas comment tenir un crayon va tacher ses feuilles avec la paume de sa main et faire des traits aléatoires qui suinteront d’amateurisme. C’est pareil pour l’écrivain qui fera des fautes à tous les 5 mots. Il ne sera pas crédible.

Les maisons d’édition engagent normalement des réviseurs linguistiques avant de publier un ouvrage, certes, mais ils préfèrent — de loin — lire des manuscrits de gens qui démontrent une excellente maîtrise du français.

Pour éviter cette erreur : Améliorez vos aptitudes en français. Suivez des cours de rattrapage et relisez vos ouvrages de grammaire. Écrivez beaucoup et faites l’effort de vérifier si vos phrases sont exemptes d’erreurs, que ce soit dans votre projet littéraire ou dans votre courrier électronique. Achetez un logiciel comme Antidote et passez vos textes au peigne fin. Pour en savoir plus, lisez mon article intitulé « Pourquoi il faut maîtriser son français pour écrire un roman ».

Erreur #2 : Mettre en scène des personnages en carton

C’est quoi, un personnage en carton?

C’est un personnage qui n’a absolument aucune profondeur, et qui a été inséré dans une histoire simplement pour « remplir un rôle ». Il arrive, il exerce sa fonction, puis on ne le revoit à peu près jamais. Et durant les rares moments où on l’aperçoit, il agit comme un automate (on sent que l’auteur le pousse très fort pour l’amener dans une direction précise).

Ce genre de personnage irrite les lecteurs. Et les manuscrits des débutants en contiennent un grand nombre.

Lorsqu’on ouvre un livre, on veut s’identifier aux personnages qu’il contient. On veut ressentir leurs émotions, et on s’attend à ce qu’ils agissent de façon crédible. D’une certaine manière, ils « subissent » l’histoire et on veut savoir comment ils seront affectés par elle.

Si vous n’insérez que des pantins préprogrammés, vous tuez le plaisir de lecture dans l’oeuf.

Pour éviter cette erreur : Souvenez-vous que vos personnages avaient une vie avant le commencement de votre histoire, et que cette vie continuera (probablement) après. Faites des fiches de personnages et trouvez des motivations profondes à vos protagonistes. Considérez-les comme des humains normaux et essayez de voir le monde à travers leur point de vue.

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Erreur #3 : Présenter un récit qui manque clairement de recherche

Je ne me souviens plus combien de fois j’ai reçu des manuscrits de romans policiers où les auteurs n’avaient ABSOLUMENT AUCUNE IDÉE du fonctionnement de base d’un corps de police ni de la loi en général.

On va s’entendre sur une chose. Si vous choisissez de mettre en scène des policiers, vous devez savoir ce qu’ils font en rentrant au poste le matin, quels formulaires ils doivent remplir dans une journée, pour quelles raisons ils ont le droit d’utiliser la force létale, et bien plus.

Vous devez vous informer jusqu’au point où vous serez capable de penser comme un policier (parce que vos personnages, eux, le feront certainement).

Vous comprenez que ce conseil ne s’applique pas uniquement aux romans policiers. Il va arriver que votre projet demande un minimum de recherches, par exemple, si vos personnages visitent une ville étrangère, s’ils lisent un texte dans une langue inconnue ou s’ils pratiquent un métier que vous ignorez.

Votre devoir sera alors de démystifier ces sujets avant d’en parler. Ça vous évitera de dire des conneries.

Pour éviter cette erreur : Lisez des romans qui s’intéressent aux mêmes sujets que vous abordez. Feuilletez des monographies ou des manuels scolaires. Faites des entrevues avec des experts. Visitez les villes où se déroulera votre action. Pour en savoir plus, lisez mon article : « L’importance des recherches pour l’écriture d’un roman ».

Erreur #4 : Accorder peu d’importance à la cohérence

Pour certains auteurs, la cohérence, c’est accessoire.

La cohérence, c’est comme la fondation d’un bâtiment : si elle est couverte de fissures, tout va s’écrouler.Par exemple, le personnage de « Justine » aura les yeux bleus à la page 5, et les yeux bruns à la page 26. De la même manière, « Alexandre » serait présenté au début comme un grand sensible, alors qu’au milieu de l’histoire, il ferait preuve d’une froideur extrême — et aucun évènement majeur ne l’aurait transformé entre temps.

La cohérence, c’est comme la fondation d’un bâtiment : si elle est couverte de fissures, tout va s’écrouler.

Les erreurs de cohérence peuvent être mineures (comme dans l’exemple de la couleur des yeux) et se corriger assez facilement. D’autres fois, par contre, c’est majeur (les personnages agissent en contradiction avec leurs caractéristiques fondamentales, sans raison apparente), et une solide réécriture est nécessaire pour rectifier le tout. Il ne faut pas avoir peur d’effectuer ce travail essentiel.

Un lecteur qui lit une histoire incohérente va décrocher très rapidement. Il n’aura plus confiance envers l’oeuvre ni envers l’auteur.

Pour éviter cette erreur : Prenez de nombreuses notes au fur et à mesure que vous écrivez. Remplissez des fiches de personnages pour bien décrire vos protagonistes, autant sous leurs aspects physiques que mentaux, et consultez régulièrement ces fiches. Relisez-vous et faites les changements appropriés.

Erreur #5 : Commettre des erreurs de point de vue

Lorsqu’on écrit une histoire, il faut choisir comment on la raconte. On peut l’écrire au « je » ou au « il ». Et même lorsqu’on l’écrit à la 3e personne, on peut choisir d’avoir une narration omnisciente ou alignée sur un seul personnage (vous pouvez en savoir davantage sur les principaux types de narrateurs).

Dans une narration au « je » ou une narration à la 3e personne alignée sur un seul personnage, bien des auteurs vont exposer les pensées des personnages secondaires dans la narration, alors que ce n’est pas permis. Dans ces types de narrations, on peut seulement connaître les pensées du personnage principal, point à la ligne.

(Bien sûr, le personnage principal peut déduire ce que les autres pensent, mais dans ce cas, il faut présenter l’information comme telle.)

Si vous avez du mal à comprendre ce type d’erreur, je vous invite à lire un article entièrement consacré au sujet.

Pour éviter cette erreur : Prenez conscience du type de narrateur que vous employez, et connaissez les règles qui l’accompagnent. Relisez votre texte et repérez les erreurs de point de vue. Apportez les modifications nécessaires.

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Pour faciliter votre cheminement en tant qu'auteur, lisez mon livre Comment écrire plus. Il contient des trucs pour économiser du temps, des méthodes de travail éprouvées, de même que des suggestions de logiciels qui augmenteront votre efficacité durant la réalisation de votre roman, à toutes les étapes de création. Cliquez ici pour le lire dès aujourd'hui!

La réécriture d’un roman : comment réaliser cette étape importante

La réécriture d’un roman : comment réaliser cette étape importante

Une fois que le premier jet de votre roman sera terminé, devrez-vous l’envoyer immédiatement aux éditeurs pour le faire publier?

Bien sûr que non.

Pour avoir une oeuvre de qualité, il faut la peaufiner, et la peaufiner encore.Je ne connais pas un seul auteur dont les textes ont été parfaits au premier coup de crayon. Pour avoir une oeuvre de qualité, il faut la peaufiner, et la peaufiner encore. Ceux qui ont peur des efforts n’ont pas choisi la bonne discipline, croyez-moi.

Comment doit-on réécrire son roman?

La réécriture d’un roman peut se passer de différentes manières. Chaque auteur a sa méthode. Certains vont relire leur texte à l’écran et le modifier phrase par phrase. D’autres (comme moi) vont préférer imprimer leur manuscrit et le barbouiller au stylo rouge, avant d’appliquer les modifications à l’ordinateur. (Si vous désirez voir comment je travaille sur papier, je vous montre un exemple concret juste ici.)

En général, par contre, la réécriture va se passer en trois temps :

  1. La révision de fond : On évalue l’histoire, son intérêt, sa cohérence, et on applique les ajustements requis pour l’améliorer. Les solutions peuvent être variées : suppressions de scènes ou de personnages qui n’apportent rien au récit, réorganisation des chapitres et autres changements majeurs liés aux évènements racontés.
  2. La révision de forme : Une fois que l’histoire est fixe, on peut s’intéresser à la forme pour améliorer le rythme et le style de son texte.
  3. La révision linguistique : Consiste à corriger les erreurs de français et à supprimer les répétitions, par exemple. Un logiciel comme Antidote peut s’avérer utile.

Mieux vaut faire ces révisions dans cet ordre, mais rien ne vous oblige à respecter cette consigne. Souvent, je mélange un peu la révision de fond et de forme quand je travaille (c’est ce qui se passe dans mon exemple), mais chose sûre, la révision linguistique, ça vient à la fin.

Attendre avant d’entreprendre la révision

Comme je le mentionne dans le Truc 44 de Comment écrire plus, avant de commencer votre réécriture (et aussi entre chaque étape de celle-ci), laissez votre manuscrit reposer quelques jours, ou quelques semaines. Cela vous permettra de prendre de la distance avec le texte. Quand vous y reviendrez, les erreurs et faiblesses vous sauteront aux yeux.

Profitez de ces moments de pause pour ébaucher le squelette de votre prochain chef d’oeuvre dans votre carnet de notes. (Vous ne pensiez quand même pas que ce roman-ci serait votre seul projet de création, pas vrai?)

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Une fois la révision terminée

Quand vous aurez réécrit votre roman au point d’en avoir mal aux yeux, vous pourrez le soumettre à votre comité personnel de lecteurs (si vous en avez un) pour leur demander leur avis. En vous basant sur les commentaires que vous récolterez, votre manuscrit pourrait mériter une ou plusieurs réécritures supplémentaires. Ne les contournez pas.

Mieux vaut mettre toutes les chances de votre côté, car les maisons d’édition sont très sollicitées par les écrivains : ils reçoivent des centaines de manuscrits par année et n’en acceptent qu’un petit pourcentage pour publication.

Comment trouver un éditeur

Votre histoire est fin prête? Félicitations! Vous pouvez maintenant partir à la recherche d’une maison d’édition. Pour vous aider, j’ai un dossier complet qui vous guidera dans vos démarches de soumission, de même qu’un autre où vous pourrez apprendre l’essentiel pour bien mettre en forme votre manuscrit.

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Écrire un premier jet de roman : 9 conseils pour mener votre projet

Écrire un premier jet de roman : 9 conseils pour mener votre projet

Vous savez pourquoi vous écrivez. Vous avez trouvé une thématique et avez entrepris les recherches nécessaires pour mener à bien votre projet. Vos personnages sont décrits dans des fiches appropriées, de même que vos antagonistes. Vous avez réalisé un plan (ou pas). Vous savez quel type de narrateur vous désirez employer.

Il est maintenant temps de commencer l’écriture.

9 conseils en vrac pour l’écriture d’un premier jet

Vous le savez sûrement, il me sera impossible de dévoiler les secrets d’un art aussi subtil que l’écriture romanesque dans un seul billet de blogue. Écrire s’apprend avec la pratique, et même si je vous cassais les oreilles pendant 10 heures avec de la théorie, vous ne retiendriez probablement pas grand-chose.

Je le répète : la seule manière de s’améliorer, c’est en s’assoyant devant son ordinateur et en injectant des mots dans son document.

Faites-le. Régulièrement.

La seule manière de s’améliorer, c’est en s’assoyant devant son ordinateur et en injectant des mots dans son document.Si vous avez besoin de trucs pour être plus assidu à la tâche, je vous conseille encore une fois de lire mon guide Comment écrire plus, qui contient nombre d’astuces qui vous aideront à gagner du temps et à mener votre projet à terme. Vous y apprendrez également quels sont les meilleurs logiciels pour rédiger votre roman (non, Word n’est pas dans la liste).

Sinon, le mieux que je puisse faire, c’est de vous donner 9 conseils en vrac, inspirés d’erreurs et de faiblesses que je vois régulièrement dans les manuscrits que je reçois :

  1. Ayez une première phrase punchée : Bien des lecteurs jugent les histoires par leur première phrase. Arrangez-vous pour qu’elle soit impeccable. Elle devrait également bien porter le thème de votre livre.
  2. Utilisez des paragraphes : Combien de fois ai-je vu des pages contenant un seul bloc de texte sans découpage en paragraphes? Aérez votre texte. Les paragraphes sont des outils dans votre arsenal, utilisez-les.
  3. Formatez correctement vos dialogues : Il existe plusieurs manières de les aborder. Choisissez-en une et gardez cette formule jusqu’à la fin. Pour en savoir plus sur le formatage des dialogues, j’ai un article consacré au sujet.
  4. Donnez des détails : Vous êtes dans le roman, pas dans la nouvelle littéraire. Vous avez de l’espace : utilisez-le. Décrivez l’environnement, les bruits, les odeurs. Faites-nous découvrir la vie intime de votre héros ou de votre héroïne.
  5. Restez cohérent : Si votre personnage avait les yeux bleus à la page 5, il ne doivent pas devenir bruns à la page 67. De la même manière, si un de vos protagonistes était présenté comme un sale égocentrique, il serait anormal qu’il fasse preuve d’une générosité aveugle au milieu de votre histoire sans qu’il ait d’abord vécu une expérience transformatrice.
  6. Présentez une histoire crédible : S’il y a trop de hasards fortuits ou de scènes « arrangées par le gars des vues », on va décrocher.
  7. Ne prenez pas le lecteur pour un con : Vous n’avez pas nécessairement besoin de TOUT révéler à votre lecteur. Il pourra déduire certaines choses par lui-même, si vous mettez les bons indices en place.
  8. Trouvez-vous une routine de travail : Essayez d’écrire chaque jour, même si c’est pour n’insérer qu’une poignée de mots dans votre manuscrit.
  9. Continuez à lire : Même si vous écrivez, n’arrêtez pas de lire. Continuez à enrichir votre culture littéraire personnelle avec les oeuvres d’autrui. C’est la meilleure façon d’évoluer en tant qu’auteur.

Vous désirez améliorer votre routine d'écriture? Lisez Comment écrire plus

8 ouvrages à lire pour vous améliorer

Si vous désirez approfondir vos connaissances sur l’écriture romanesque, je peux vous recommander ces quelques ouvrages qui vous donneront un sérieux coup de pouce :

  • Écriture, mémoires d’un métier, de Stephen King (v.f. de On writing: A Memoir of the Craft) : Si vous n’aviez qu’un seul livre à lire, ce serait celui-là. Moitié biographie, moitié essai sur l’écriture, le King de l’horreur vous partage les secrets de son métier avec une grande sagesse. C’est presque toujours le premier livre que les professionnels recommandent aux aspirants écrivains.
  • Stein on Writing, de Sol Stein : Essai sur l’écriture avec des trucs et des stratégies très concrètes. Sol Stein est un directeur littéraire avec une solide expérience derrière lui. Il sait comment améliorer un roman et vous montrera comment. C’est sans contredit l’un des livres qui m’ont le plus influencé dans mon travail. (Disponible en anglais seulement.)
  • The War of Art, de Steven Pressfield : Autre petit essai coup de poing sur l’écriture. Parle d’un phénomène que Pressfield appelle la Résistance, une petite voix en nous qui nous répète qu’on n’est bon à rien, que notre art, c’est de la merde, qu’on serait mieux de faire autre chose de plus utile à la société. Et il nous montre comment vaincre ce petit démon. (Disponible en anglais seulement.)
  • Nobody Wants to Read Your S**t, de Steven Pressfield : Suite logique du livre The War of Art, où Pressfield partage d’autres secrets du métier, autant sur l’écriture romanesque que sur l’écriture scénaristique. (Disponible en anglais seulement.)
  • 2 000 to 10 000 : Writing Faster, Writing Better, and Writing More of What You Love, de Rachel Aaron : Livre très court où Aaron nous montre les stratégies et tactiques qui lui ont permis d’écrire 10 000 mots par jour. Même si je n’arriverai jamais à atteindre son niveau de productivité — mes poignets seraient en feu —, j’ai adopté sa méthode pour faire des fiches de personnages courtes et efficaces. (Disponible en anglais seulement.)
  • Comment écrire des histoires, d’Élisabeth Vonarburg : Dans ce livre, la Grande Dame de la science-fiction au Québec montre comment ça fonctionne, une histoire. Elle donne de la théorie sur les types de narrateurs, les temps de verbe, les personnages et le reste de la mécanique.
  • Écrire et publier au Québec : les littératures de l’imaginaire, par Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau : Dans ce guide « 360 degrés », vous apprendrez tous les rouages du métier d’écrivain à travers les différentes étapes de travail, de l’idéation jusqu’aux démarches marketing sur les réseaux sociaux, en passant par la signature du contrat d’édition. Ne vous laissez pas berner par le titre : ce livre sera utile à quiconque désirant se faire publier, peu importe sa nationalité ou le genre littéraire qu’il pratique.
  • Présentez votre manuscrit littéraire comme un pro en 5 étapes, par Dominic Bellavance : Je serais bien idiot de ne pas recommander mon propre livre. Lorsque votre roman sera complété à 100 %, il restera une étape essentielle : la soumission aux éditeurs. Ce guide vous enseignera la démarche à suivre et vous montrera comment éviter les pires gaffes commises par les débutants.

De plus, pour commencer cette écriture du bon pied, n’hésitez pas à télécharger mon modèle Word gratuit spécialement conçu pour respecter la mise en forme des manuscrits littéraires.

Quand vous aurez fini votre premier jet (soit la première version de votre roman), vous ne serez pas au bout de vos peines. Ce roman, il faudra le réécrire quelques fois.

Vous voulez apprendre mes meilleurs trucs du métier?

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Qu’est-ce qu’une voix d’auteur et comment trouver la sienne?

Qu’est-ce qu’une voix d’auteur et comment trouver la sienne?

Imaginez que vous prenez un livre dans une librairie où l’on a biffé le nom de l’auteur. En observant le titre et en lisant les 50 premières pages, sauriez-vous reconnaître quel écrivain est derrière? Si oui, il y a de bonnes chances pour que cet auteur ait une voix forte et personnelle.

Une voix d’auteur, c’est essentiellement le style d’un écrivain, qui se décortique en plusieurs éléments : son vocabulaire, la longueur de ses phrases, les thématiques qu’il aborde fréquemment, les figures de style qu’il emploie, sa manière d’utiliser les dialogues, les titres qu’il choisit pour ses oeuvres (pensez à Réjean Ducharme), la longueur totale de ses ouvrages, et j’en passe.

La voix de Stephen King fait en sorte qu’il « est » Stephen King.

Si vous avez encore du mal à comprendre ce qu’est une voix d’auteur, faites des comparaisons avec les autres arts. Comment fait-on pour différencier un Picasso d’un Van Gogh? La réponse : par le choix de couleurs, l’épaisseur de la peinture appliquée, les modèles représentés, la taille des canevas, etc. On sait qu’un Picasso est un Picasso. Cet artiste a un coup de pinceau bien à lui. Même chose pour Van Gogh.

Dans l’écriture, c’est pareil. Tel auteur aura un style cru avec des mots recherchés et explorera souvent la thématique de la religion chez les gens pauvres. Un autre écrivain fera plutôt de la science-fiction très poussée sur le plan technologique, mais dont les personnages seront toujours des junkies; côté style, il sera un maître des comparaisons imagées.

Si vous avez encore du mal à comprendre ce qu’est une voix d’auteur, faites des comparaisons avec les autres arts.Dans un cas comme dans l’autre, ces auteurs pourront évoluer et modifier leurs sujets de prédilection au fil des années, de même que leur manière d’écrire. Cependant, ils auront développé une voix forte qu’on pourra reconnaître (et apprécier) à travers leurs oeuvres tout au long de leur carrière.

Trouver sa propre voix d’auteur

Tôt ou tard, vous devrez trouver ce qui vous distingue des autres écrivains qui vous entourent. Parce que si vous faites la même chose que tout le monde, pourquoi vous lancer dans l’écriture? Si vous voulez qu’on vous porte le moindre intérêt, il faudra créer quelque chose qui se détachera du reste.

Par contre, ce n’est pas nécessairement aujourd’hui que vous devrez trouver votre voix. Vous débutez. À cette étape, c’est beaucoup plus important de vous arranger pour respecter les bases, c’est-à-dire créer une oeuvre cohérente qui a un commencement, un milieu et une fin, et qui soit correctement écrite.

Plus tard, vous atteindrez l’étape supérieure et apprendrez à mieux maîtriser l’intrigue, les dialogues, la profondeur des personnages. Quand tout le reste sera fait, vous aurez peut-être déjà découvert votre voix d’auteur.

C’est ça, le problème. On pourrait passer des journées à y réfléchir que ça ne nous apporterait aucune réponse. Notre voix, on la trouve souvent à travers l’expérimentation, de la même manière que Picasso a trouvé sa véritable voix au courant de sa carrière. Saviez-vous qu’au tout début, il peignait des scènes réalistes?

Ci-dessous, des autoportraits du peintre, achevés alors qu’il avait respectivement 15 ans, 25 ans et 89 ans :

Pablo Picasso à travers différentes étapes de sa vie

En voyant ça, dites-vous que votre écriture dans 10 ans ne ressemblera probablement pas du tout à celle d’aujourd’hui. Mais on ne peut pas accélérer le processus. La seule façon de s’améliorer et de se rapprocher de sa véritable voix, c’est en mettant la main à la pâte.

C’est pourquoi je vous suggère fortement de commencer à écrire votre projet le plus rapidement possible, une fois que les étapes préparatoires sont complétées.

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Comment éviter les erreurs de point de vue dans un roman

Comment éviter les erreurs de point de vue dans un roman

Je viens juste de parler des différents types de narrateurs. Pourquoi, alors, revenir sur les points de vue si je viens d’aborder le sujet?

Simplement parce que c’est une erreur qui revient pratiquement toujours dans les manuscrits qu’on m’envoie.

Un auteur présente un récit à la troisième personne alignée sur un seul personnage (par exemple, on suit Jeanne, une policière, et on livre l’histoire par le biais de son point de vue uniquement, en racontant au « Il »). Et puis, soudainement à la page 26, l’auteur écrit quelque chose comme ça :

Jeanne s’assoit à son bureau. Elle ouvre son ordinateur et commence à rédiger son rapport d’enquête.

Cinq minutes plus tard, son collègue Sébastien vient la rejoindre. Ce pauvre Sébastien est très fatigué ce matin, il vient de se souvenir qu’il a oublié de prendre son café et se dit qu’il devrait aller se faire couler une tasse avant de questionner Jeanne à propos de l’assassinat.

Vous voyez l’erreur?

Dans l’exemple ci-dessous, on ne devrait pas afficher les pensées de Sébastien. J’avais spécifié qu’on utilisait une narration alignée sur Jeanne, et donc que l’histoire devait nous être livrée par la lentille de ce personnage uniquement. Il y a eu transgression.

Une version correcte ressemblerait à ceci :

Jeanne s’assoit à son bureau. Elle ouvre son ordinateur et commence à rédiger son rapport d’enquête.

Cinq minutes plus tard, son collègue Sébastien vient la rejoindre. Ce pauvre Sébastien a les traits tirés ce matin; il tergiverse à l’entrée du cubicule, l’air d’hésiter à poser les pieds à l’intérieur.

C’est une erreur qui revient pratiquement toujours dans les manuscrits qu’on m’envoie.

— Ça va? demande Jeanne.

— Oui, oui… Je voulais te parler de l’assassinat, mais j’ai oublié de prendre mon café. Tu me donnes deux minutes?

Dans cette version, tout passe par le spectre du regard de Jeanne. On n’est jamais vraiment dans la tête de Sébastien, mais on « perçoit » son hésitation en même temps que l’héroïne.

J’insiste sur ce point. Quand vous choisissez un type de narration pour votre roman, vous devrez y rester fidèle jusqu’à la fin. (Bien sûr, vous pouvez faire en sorte que chacun des chapitres soit aligné sur un personnage différent, un peu comme dans A Game of Thrones; dans ce cas-ci, la cohérence demeure : dans les chapitres sur Jon Snow, on ignore ce que Ned Stark pense, et vice versa…)

Si vous désirez en apprendre davantage sur la narration et les points de vue, je vous invite à lire le guide Comment écrire des histoires d’Élisabeth Vonarburg. N’hésitez jamais à vous procurer ce genre d’ouvrage et à réaliser les exercices que l’on trouve à l’intérieur.

Maintenant que vous connaissez la base sur la narration et le point de vue, nous pouvons parler un peu de ce qu’est une voix d’auteur.

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