Signer un contrat d’édition pour publier son roman

Signer un contrat d’édition est un moment excitant, mais qui peut donner des maux de tête. L’éditeur vous a accepté (yé!), vous avez retravaillé votre texte avec lui, et voilà que vous recevez par la poste un contrat d’une dizaine de pages, quasi incompréhensible.

Bien se renseigner sur les clauses est indispensable. Pour y voir plus clair, je vous suggère de consulter le Contrat-type d’édition proposé par l’UNEQ. Attention, toutefois : ce document est largement favorable à l’auteur (il provient, après tout, d’une association d’écrivains). Votre contrat risque de ne pas y ressembler. Mais c’est quand même bien d’avoir une base pour comparer.

La cession et la licence

Il existe deux types de contrats : la cession et la licence.

Dans une cession, vous cédez tous les droits à l’éditeur, sauf ceux mentionnés dans les premières clauses. Ce genre de contrat est généralement favorable à l’éditeur et lui donne beaucoup de pouvoir. Bon pour vous si l’éditeur est proactif (il pourra négocier plus facilement des droits à l’étranger ou de traduction, par exemple). Mauvais pour vous s’il publie votre roman dans le seul but d’encaisser des subventions (et qu’il a l’intention d’oublier qui vous êtes par la suite).

Dans un licence, seuls les droits mentionnés au contrat sont cédés. Le Contrat-type d’édition proposé par l’UNEQ est un bon exemple de licence. Sa durée est généralement limitée, et l’auteur conserve plusieurs de ses droits. À préférer, si vous souhaitez garder le contrôle sur vos écrits.

Une licence d'édition

Une licence d’édition

Un cession de droits

Un cession de droits

Négociez!

Lisez et relisez votre contrat. Si des clauses vous causent des ennuis, parlez-en à votre éditeur. Peut-être réussirez-vous à le convaincre de modifier ou même d’annuler ces clauses contraignantes. L’important est de rester raisonnable.

Je ne listerai pas en détail toutes les clauses que l’on peut rencontrer dans un contrat. Ce sujet est trop vaste, il pourrait faire l’objet d’une série de billets à lui seul. D’ailleurs, je suis loin d’être un expert dans le domaine.

Pour y voir clair, consultez le site de l’UNEQ et commandez leurs brochures.

Bon. Une fois le contrat signé, vous êtes en galère! Attendez-vous à voir votre roman sur les tablettes des librairies dans l’année qui suivra. Plus ou moins.

Il est fort probable que votre éditeur vous demande d’être proactif par rapport à la promotion de votre livre. Ça vous angoisse? Sachez que j’ai préparé un dossier spécialement sur le sujet, intitulé Promouvoir ses livres (avec des stratégies adaptées aux petits marchés, mais qui peuvent s’appliquer pour la France, j’imagine). Vous y trouverez des trucs pour déclencher le bouche à oreilles, ou pour l’entretenir. Lisez-le!

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Mon expérience aux Éditions de Mortagne

Le chat est sorti du sac.

Je suis présentement en train de travailler sur un projet pour les Éditions de Mortagne. Vous vous en doutez certainement : c’est de la fantasy. Plusieurs personnes me demandaient si, après Toi et moi, it’s complicated, j’allais revenir à mes anciens amours, eh bien voilà qui est chose faite.

Le projet est loin d’être terminé, toutefois.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, au départ, en acceptant de travailler avec eux. Je l’avoue : j’avais des préjugés à leur égard et je craignais ne pas avoir de direction littéraire. J’en recherchais, pourtant, et j’en voulais même une de qualité.

Je n’ai pas été déçu. Mon directeur littéraire a lu mon plan et a souligné les points faibles de mon histoire. On a dû s’échanger des commentaires pendant plusieurs jours pour faire les ajustements. Ça  n’a pas toujours été évident, mais je pense qu’on tient maintenant une histoire solide.

Ces jours-ci, je rédige. J’essaie de produire au moins 1000 mots par jour ouvrable, mais habituellement je réussis à me rendre à 2000. Le café aide beaucoup.

J’ignore encore à quelle date le livre va sortir. Au moins, le contrat est signé, et de cette manière, j’ai la certitude que le manuscrit va aboutir quelque part. C’est rassurant. Et avoir l’appui d’un directeur littéraire tout au long du processus, ça n’a pas de prix.

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Jouer au ping-pong avec un plan

J’aime beaucoup l’idée d’avoir signé pour un projet avant d’en avoir commencé l’écriture finale.

Ces temps-ci, je travaille sur le plan de mon projet top-secret. Le résumé de l’histoire fait à peu près une vingtaine de pages. Je l’ai envoyé à mon directeur littéraire il y a deux semaines et, depuis ce temps, on joue au ping-pong avec le document Word, en ajoutant des commentaires chaque fois. Il commence à y en avoir pas mal; la marge de droite ressemble à un arc-en-ciel psychédélique.

Quand même, je suis satisfait. Les commentaires sont pertinents, j’ai affaire à quelqu’un qui connait la fantasy. On partage les mêmes opinions (lui aussi déteste les black lords qui veulent détruire le monde… j’ose espérer qu’il déteste les elfes aussi).

C’est motivant d’avoir l’avis d’un professionnel dès les premières étapes. Ça donne confiance pour la suite.

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La Fabrique du numérique

Vendredi dernier, j’ai participé à la Fabrique du numérique, une sorte de réunion/atelier/congrès (difficile à définir, appelons-le « évènement ») qui réunissait environ 80 acteurs de divers milieux, dont les universités, les éditeurs, les artistes, le gouvernement, etc. Le but de la journée : discuter du numérique pour l’édition littéraire et scientifique et trouver des actions concrètes pour que ça décolle, cette affaire-là.

Bien sûr, j’y allais en tant qu’auteur publié et je voulais défendre mes intérêts. J’avais peut-être la prétention d’y représenter ma race.

Je n’avais pas l’intention de soulever des sujets généraux sur le numérique; plusieurs universitaires étaient là pour ça (et ont bien fait leur travail, d’ailleurs). Ce qui m’intéressait : qu’est-ce qui attend les auteurs qui publient leur livre sur d’abord sur papier et qui finiront par adapter leurs œuvres au format numérique?

Très précis, en effet.

J’espérais surtout sortir de cette journée en ayant fait prendre conscience aux acteurs du milieu qu’on avait besoin de définir des standards pour le contrat d’édition. Ma première grosse déception de la journée, une suggestion citée par Gilles Herman et qui a été applaudie dans toute la salle : « ne nous concentrons pas sur le modèle économique, il se définira lui-même, mais concentrons-nous sur les contenus ».

Euh… n’est-ce pas la responsabilité des auteurs de créer et de réinventer le contenu? Oui, le modèle économique va se définir et tous les acteurs (éditeurs, diffuseurs, librairies, etc.) pourront s’ajuster. Mais nous, les pauvres auteurs qui sommes au bas de la chaîne alimentaire du livre, je le répète et trouvez-moi tannant de revenir là-dessus : nous sommes obligés de signer nos contrats MAINTENANT et ces contrats vont durer 5 ans, 10 ans et parfois même toute la vie.  Il faut des standards AUJOURD’HUI. Si le modèle économique change et qu’on a signé des contrats de merde, nous perdons sur toute la ligne.

J’espère que le message va se rendre aux bons endroits. **TOUSSE-TOUSSE-ÉDITEURS-TOUSSE-TOUSSE-UNEQ**

Quelques choses qui m’ont étonné durant la journée, en vrac :

  • On me considère comme un hérétique : « MOI : J’ai un manuscrit que j’ai voulu faire publier, mais ça n’a pas marché auprès des éditeurs. LES AUTRES : Pourquoi tu ne le publies pas sur Internet? MOI : Euh… parce que l’écriture, c’est mon métier. LES AUTRES : Et alors? MOI : Je veux faire de l’argent. » Si on était encore à l’époque médiévale, on m’aurait probablement passé au bucher;
  • Je pense encore que l’éditeur est nécessaire, malgré ce que certains en pensent. L’autopublication est l’échec de la persévérance. Lancez-moi des tomates si vous le voulez;
  • On m’a sermonné quand j’ai parlé de « livre numérique », mais il est vrai que l’on doit maintenant utiliser le terme « œuvre numérique » qui englobe beaucoup plus de possibilités;
  • Plusieurs artistes réunis à la même table, cela mène à un cul-de-sac (je m’inclus dans « artistes »). L’égo des artistes est mauvais. Ne réunissez jamais des artistes pour débattre sur des sujets sérieux comme le numérique. Placez plutôt un seul artiste avec des gens d’autres domaines et considérez son opinion de façon isolée;

Je vous invite à lire les rapports des autres participants. Clément Laberge en a déjà réuni quelques-uns dans son article.

En bref, l’expérience de la Fabrique a été très positive, même si le ton que j’emploie ici pourrait laisser croire le contraire. Tant de personnalités de différents milieu donne une ébullition intellectuelle que j’ai rarement pu voir dans ma courte existence. Je suis néanmoins hanté par l’idée qu’on donne très peu de considération aux auteurs dans cette chaîne, qui, d’une manière, « démarre » avec les écrivains.

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Ce que les écrivains disent sur leur blogue

Récemment, Mathieu Fortin et Élisabeth Tremblay se questionnaient sur la pertinence de transmettre leurs bons coups sur leur blogue. Les deux sont écrivains, les deux ont eu d’excellents chiffres de vente ces derniers temps (c’est ce que j’ai cru comprendre). Ils se posaient la question suivante : « Devient-on chiant quand on se vante de ses succès sur le Web »

Sérieusement, mettons quelque chose au clair tout de suite.

Ceux qui réussissent en écriture le méritent. Oui, les coups de chance existent, mais si quelqu’un parvient à tirer quelque chose de bon du travail d’auteur, de grâce, DITES-LE! Soyez une source d’inspiration pour les autres. On entend tellement d’histoires d’horreur, d’artistes déchus qui ont été terrassés par le découragement. Et vous devriez la fermer quand vous réussissez enfin à faire l’épicerie durant une année avec vos droits d’auteurs?

Au Québec, on a toujours la maudite tendance à démoniser le succès, sans doute à cause du complexe d’infériorité qu’on a hérité dans le siècle dernier. Eh bien, ces défaitistes, qu’ils se taisent! Si un auteur réussit, ce ne sera [probablement] pas à cause d’un coup de chance. Tous les écrivains que je connais et qui gagnent leur vie avec leur métier, ils TRAVAILLENT. Et je me permets d’ajouter : ils travaillent en CRISSE. Si jamais ils signent un gros contrat, si jamais ils empochent le gros chèque, si jamais leurs chiffres de vente prennent tellement de place sur le papier qu’ils ont dû vider trois stylos juste pour nous écrire le nombre, j’espère qu’ils vont nous en parler! Je veux tout savoir! Je veux partager votre bonheur; j’ai besoin de savoir que les engrenages tournent autour de moi, que certains confondent les sceptiques et vainquent la misère.

Parlez-en! Parlez-en souvent!

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