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16 août 10

Quand l’inspiration passe, il faut en profiter

par Dominic Bellavance

Si je suis silencieux sur le blogue, c’est parce que j’essaie de maintenir un flot d’écriture assez élevé (plus de 3000 mots / jour). Je n’ai jamais été aussi inspiré de toute ma carrière, alors j’en profite. Vous comprendrez que ça demande un certain niveau de discipline par rapport aux activités chronophages comme Facebook, Twitter… et ce blogue.

Du fait, mon action sur Empire avenue est en chute libre. Mais rassurez-vous; c’est bon signe pour le livre en cours de création.

10 août 10

Mon entrevue du 5 aout à Radio-Canada

par Dominic Bellavance

Le 5 aout dernier, on m’a invité à la station de Radio-Canada pour la capsule « Les coups de coeur des auteurs », où un écrivain de Québec parle d’un livre qu’il a apprécié durant l’année. J’ai choisi En-d’sous, de Sunny Duval.

On m’avait dit que cette entrevue serait disponible sur Internet. Je l’ai cherchée pendant 4 jours, en vain. Finalement, on l’avait classée sous « Dominique Bellavance ». Une chance que j’ai appris à googler mon nom de différentes manières.

Vous pouvez écouter l’entrevue ici (approx. 8 minutes).

5 août 10

Le style et les détails expliqués par une plante carnivore

par Dominic Bellavance

Je répète souvent que, en tant que lecteur, le fond de l’histoire m’intéresse peu. Ce qui m’importe, c’est la manière dont c’est raconté. Une histoire extravagante racontée d’une façon médiocre deviendra banale. Par contre, une histoire ordinaire racontée d’une manière sublime a toutes les chances d’être excellente.

J’essaie de garder ce principe en tête quand j’écris mes livres.

L’idéal, évidemment, serait d’avoir les deux : une histoire extraordinaire, écrite d’une manière impeccable. Mais, de ces deux qualités, le style m’apparait plus important.

J’aime quand des émotions sont traduites par l’écriture. J’aime retrouver des détails dans les textes. Beaucoup de détails.

Pour illustrer ce concept, je vous montre deux films très différents, mais aussi très semblables. Ce sont des vidéos qui nous parlent d’une plante particulière : l’Attrappe-mouches de Vénus.

La première vidéo (intégrée ci-dessous) pourrait être comparée à un texte dépourvu style, d’une écriture journalistique. On n’y voit que les idées. C’est intéressant, ça passe, on comprend le principe, on ressent même un certain suspense, mais il n’y a rien d’extraordinaire.

Écoutez-la.

Maintenant, observez la deuxième vidéo (je mets le lien, car l’intégration dans les blogues est interdite). Imaginez-vous devant un texte produit par un virtuose de la plume. La musique serait le style et les gros plans, les détails. Voyez toute l’émotion qui s’en dégage, voyez le rythme, et pensez : « Comment pourrais-je traduire une telle atmosphère dans un texte? »

Sans blague, j’ai presque versé une larme pour la mouche.

Et pourtant, les deux films racontent exactement la même chose!

Deuxième film : l’intégration est interdite dans les blogues. Visionnez-le ici.

2 août 10

La librairie Durham

par Dominic Bellavance

J’entre dans la librairie Durham, un endroit qui a beaucoup fait jaser d’elle dans les médias le jour de son ouverture, entre autres à cause de son nom provocateur. C’est une librairie spécialisée en littérature québécoise.

Au moment où j’entre, je vois une plaque de métal, accrochée près de la porte, où il est inscrit ceci :

« On ne peut guère concevoir nationalité plus dépourvue de tout ce qui peut vivifier et élever un peuple que les descendants des Français dans le Bas-Canada, du fait qu’ils ont conservé leur langue et leurs coutumes particulières. Ils sont un peuple sans histoire et sans littérature. »

– John George Lambton, tiré du rapport Durham

En lisant cet extrait, je sais exactement pourquoi je suis ici.

Je trouvais étrange que le propriétaire ait voulu ouvrir une librairie spécialisée, alors que les généralistes avaient déjà de la difficulté à être rentables. Je le lui ai demandé, l’autre jour, et il m’a courtoisement répondu : « Quand on s’adresse à tout le monde, on ne s’adresse à personne. » J’ai compris pas mal de choses.

J’entre et je me délecte de ce que je vois. Au fond, au-dessus des étagères, on ne retrouve pas la catégorie « littérature québécoise », mais plutôt « science-fiction, policier, historique, etc. » La librairie Durham est à peu près la seule à classer les œuvres faites ici en genres. J’apprécie.

À droite, on retrouve quelques fauteuils, une machine à café, des petites tables ainsi qu’une étagère où il est inscrit : « Espace premier chapitre »

Cette étagère contient des livres fournis par la plupart des éditeurs québécois et son classés par année. Ils contiennent les premiers chapitres de toutes leurs publications pour une année précise. C’est génial. Quand j’ai le goût de m’acheter un livre qui n’est pas une nouveauté, je m’assois, je prends un café et j’ouvre un des « catalogues de premiers chapitres » pour voir si c’est bon. Par la même occasion, j’en lis d’autres. Je découvre un auteur qui m’impressionne. J’ai envie d’acheter son bouquin.

Bien sûr, plusieurs maisons d’édition offrent de lires ces premiers chapitres en PDF sur le Web, et ces extraits sont aussi rendus disponibles sur Amazon. Sauf que moi, je déteste lire à l’écran. Je passe ma journée devant l’ordinateur et quand je suis avec un livre, je considère que c’est une pause pour mes yeux. Je ne suis pas nécessairement un « sniffeux de livre », mais c’est mon choix.

La librairie Durham répond à mon besoin.

J’apprécie le style du premier chapitre d’un livre qui s’intitule L’arracheur de mauvaises herbes. C’est écrit par Simon Bourbier.

Je sais déjà que la librairie Durham a de bonnes chances d’avoir ce livre entre les mains parce que :

  1. ils sont spécialisés;
  2. ils tiennent en stock les livres qui sont répertoriés dans l’Espace premier chapitre.

Je m’en vais donc le prendre à l’arrière.

Arrivé à la caisse, je paie par carte de crédit. On me dit : « Cet auteur est inscrit au programme des pourboires. Voulez-vous laisser un pourboire? »

Yep… C’est une tactique assez audacieuse employée par la librairie.

Inscrit en gros sur le mur, au fond de l’établissement, on retrouve une notice explicative qui dit ceci :

Saviez-vous que les auteurs gagnent généralement 10 % sur le prix de détail d’un livre? Cela signifie qu’un livre vendu 15 $ rapportera seulement 1,50 $ à son auteur. Chez la librairie Durham, nous voulons aider les écrivains qui sont à l’origine des livres avec le programme de pourboire, qui fonctionne entièrement sur une base volontaire. Vous pouvez, à l’achat, verser un léger pourboire qui sera remis directement à l’auteur de votre livre. Vous pouvez également le verser une fois que vous aurez terminé votre lecture.

Pas de carte de fidélité, pas de rabais sur les livres. Au contraire, on demande au client de payer plus.

Et ça fonctionne.

La librairie Durham est spécialisée en littérature québécoise. Ceux qui fréquentent l’établissement ont un sentiment d’attachement envers leur littérature et veulent que celle-ci soit en santé. Les écrivains sont pauvres, c’est universellement reconnu. Avoir le potentiel de leur offrir un pourboire, voilà quelque chose qu’Amazon n’offrira jamais.

Au fond, je m’en fous de dépenser 0,50 $ ou 1 $ de plus quand j’achète un livre, si je sais que cet argent ira dans la poche de mon auteur favori et que ça lui permettra d’écrire plus longtemps.

Avec un tel programme, les propriétaires de la librairie ont fait un gros coup de marketing. Ils ont rangé les écrivains de leur côté. Quand un auteur québécois offre, sur un blogue, d’aller acheter leur livre en librairie, c’est certain qu’ils vont inciter les gens à se rendre à la librairie Durham. C’est le seul endroit où ils peuvent recevoir du pourboire!

Ils génèrent ainsi de la publicité gratuite.

Je n’ai jamais laissé beaucoup de pourboire, mais j’ajoute 0,25 $ à la facture, parce que je ne connais pas Simon Bourbier. Peut-être que j’en laisserai davantage la prochaine fois, si ses livres sont bons.

Je prends mon sac et je sors. Je vais probablement revenir samedi à 13 h, parce qu’ils ont comme politique de toujours avoir un auteur en séance de signatures le samedi entre 13 h et 16 h. J’en profiterai pour lui arracher un signet.

29 juillet 10

Le 2 aout 2010, participez à l’activité « Ma librairie de rêve »

par Dominic Bellavance

Suite à la discussion que nous avons eue hier, j’ai décidé de créer une activité destinée aux blogueurs qui s’intitule : « Ma librairie de rêve ».

Le concept est simple.

Le lundi 2 aout 2010, sur votre blogue, vous décrirez à quoi ressemblerait « votre » librairie idéale. Cette librairie bien spéciale vous aurait convaincu de délaisser Amazon, non pas pour avoir bonne conscience, mais parce qu’elle vous aurait offert une expérience qui sort de l’ordinaire.

En bref, réinventez votre librairie. Tous les coups sont permis.

Quelques règles devront être respectées :

  • le titre de votre billet portera le nom de votre librairie;
  • vos descriptions se feront à la première personne, et couvriront le moment de votre entrée dans l’établissement (« j’entre… je vois… je commande… parce que… ») jusqu’à votre départ;
  • à la fin, vous direz pourquoi vous y reviendriez.

J’ai déjà une idée pour la mienne…

Maintenant, marquez cette date à votre calendrier. Vous avez toute la fin de semaine pour y penser. Et pour que cette activité ait du succès, je vous encourage fortement à passer le mot. Plus nous serons nombreux à réinventer nos librairies, plus les résultats seront diversifiés, intéressants et…  utiles.

Lorsque votre billet sera rédigé, venez poster le lien en commentaire ici même.